La défense de Rodrigo Duterte a placé une demande auprès de la Cour pénale internationale (CPI) pour faire appel de la décision de confirmation des chefs d'accusations qui ouvre la voie à un procès visant l'ancien président philippin, a annoncé jeudi la CPI.
La CPI, qui siège à La Haye, a confirmé la semaine dernière les chefs d'accusations de crimes contre l'humanité à l'encontre de l'ex-dirigeant philippin, présumément commis pendant sa "guerre contre la drogue".
Les procureurs ont inculpé l'ancien homme fort de Manille, âgé de 81 ans, de trois chefs d'accusation pour crimes contre l'humanité, lui reprochant d'être impliqué dans au moins 76 meurtres liés à sa "guerre contre la drogue" qui aurait fait plusieurs milliers de victimes.
A la suite d'une semaine d'audience en février, les juges de la phase préliminaire ont conclu qu'il existait "des motifs sérieux de croire" que M. Duterte est responsable de ces crimes.
La défense reproche à la chambre préliminaire de la Cour d'avoir adopté "une approche +flexible+ inadmissible dans la formulation des chefs d'accusation" et de ne pas avoir exposé de preuves justifiant dans le fond la confirmation des charges.
M. Duterte sera le premier ancien chef d'Etat asiatique à comparaître devant la CPI, qui juge les individus pour les crimes les plus graves au monde, tels que les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité.
Si la CPI a déjà annoncé avoir constitué un collège de trois juges, il faudra cependant probablement attendre plusieurs mois avant que le procès ne débute.

