Plus de 600.000 déplacés libanais sont rentrés chez eux depuis la dernière trêve fin juin dans les hostilités entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, qui avaient jeté sur les routes plus d'un million de personnes, a indiqué l'OIM jeudi.
La formation chiite a entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en attaquant Israël, affirmant agir en représailles à la mort du guide suprême iranien, tué lors de frappes américano-israéliennes contre l'Iran le 28 février.
Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, tout en multipliant les appels à l'évacuation de pans entiers du sud du Liban, pendant plus de trois mois de combats.
Selon les autorités libanaises, près de 4.300 personnes ont été tuées et plus d'un million déplacées, principalement dans le sud et la banlieue sud de Beyrouth.
Un rapport de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a fait état du retour chez eux de "646.107" personnes, environ 500.000 autres restant encore déplacées, selon des données recueillies depuis le 22 juin.
Le protocole d'accord signé le 17 juin entre Téhéran et Washington a permis l'entrée en vigueur d'un précaire cessez-le-feu au Liban à partir du 21 juin, avant la signature le 26 juin d'un accord-cadre entre le Liban et Israël en vue d'une "paix durable".
Depuis, les autorités ont démantelé des campements informels à Beyrouth et ses environs, parallèlement à la baisse du nombre de centres d'hébergement officiels.
Mais le retour dans des dizaines de localités méridionales, notamment celles proches de la frontière, largement détruites par les opérations israéliennes, reste en suspens.
Israël a annoncé vouloir maintenir ses troupes dans la zone, pouvant s'étendre jusqu'à dix kilomètres de sa frontière, qu'il occupe dans le sud du pays voisin, et poursuit ponctuellement ses frappes.
L'accord-cadre conclu sous médiation américaine, après cinq cycles de négociations entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, conditionne le retrait israélien au désarmement du Hezbollah, auquel la formation se refuse.
Réagissant aux critiques visant l'accord, notamment de la part du Hezbollah, le président libanais Joseph Aoun a insisté vendredi sur le fait que ce texte "ne légitimait pas le maintien de l'occupation israélienne au Liban".
Il a justifié l'absence de calendrier pour un retrait par le fait que l'entente conclue était une "formule-cadre" et non un règlement définitif.
"Notre objectif à tous est unique: obtenir le retrait israélien", a-t-il insisté, selon un communiqué de la présidence.
Amnesty International et cinq autre ONG ont pour leur part averti vendredi que le texte risquait d'occulter "des crimes de guerre au Liban", certaines dispositions semblant empêcher les victimes de demander justice devant les juridictions internationales.
Elles ont également dénoncé "l'acceptation implicite de la poursuite d'un déplacement forcé prolongé et à durée indéterminée de dizaines de milliers d'habitants de vastes zones du sud du Liban occupées par les forces israéliennes".

