Arrestation de l'ex-chef de l'Autorité chargée des ports du canal de Panama

La police panaméenne a arrêté mercredi pour "enrichissement injustifié" l'ex-directeur de l'Autorité maritime de ce pays d'Amérique, qui avait notamment prolongé l'autorisation d'un conglomérat hongkongais d'exploiter deux ports à l'entrée du stratégique canal de Panama, depuis annulée.

Noriel Araúz, à la tête de l'Autorité maritime du Panama (AMP) entre 2019 et 2024, a été interpellé à l'aéroport international de Tocumen, dans l'agglomération de Panama City, en rentrant du Paraguay, a indiqué la police dans un communiqué.

Sous la direction de M. Araúz, cet organe autonome du gouvernement panaméen avait prolongé en 2021 le contrat en vertu duquel le groupe hongkongais CK Hutchison gérait (via sa filiale Panama Ports Company, PPC) depuis 1997 deux ports situés aux extrémités du canal de Panama.

La justice panaméenne a annulé en janvier cette concession pour violation de plusieurs lois, jugeant le contrat "inconstitutionnel".

Les autorités n'ont toutefois pas mentionné de lien entre cette affaire qui a entaché les relations entre le Panama et la Chine, cette dernière ayant saisi la justice internationale contre lui, et les accusations portées contre M. Araúz.

Il "fait l'objet d'une enquête menée par le parquet anticorruption pour des faits présumés d'atteinte à la fonction publique, sous la forme d'un enrichissement injustifié", a indiqué la police.

"Le préjudice patrimonial présumé s'élève à 1,3 million de dollars", a-t-elle ajouté sans donner plus de détails.

Suite à la résiliation du contrat avec CK Hutchison, le gouvernement panaméen a repris les terminaux de Balboa, côté Pacifique, et de Cristóbal, côté Atlantique, et en a respectivement confié l'exploitation à APM Terminals, filiale du groupe danois Maersk, et à Terminal Investment Limited (TiL), du géant italo-suisse MSC.

Selon les allégations du gouvernement du président José Raúl Mulino, la Chine a renforcé les contrôles sur les navires panaméens dans ses ports.

Le gouvernement panaméen accuse Pékin d'avoir exercé des pressions sur lui pour qu'il intervienne auprès de la Cour suprême de justice afin d'obtenir un jugement favorable. Mais il soutient qu'il n'est pas intervenu dans la décision judiciaire rendue.

Pékin accuse quant à lui le Panama de céder aux pressions du président américain Donald Trump, qui affirme que la Chine souhaite contrôler cette voie commerciale essentielle entre l'Atlantique et le Pacifique, ainsi que de ne pas respecter les accords commerciaux.

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A.P. MOELLER-MAERSK

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