Subornation de témoins: Belgrade "ne coopère pas" à arrêter 3 accusés, selon le TPIY

Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie a reproché mercredi à la Serbie de ne pas coopérer, selon lui, à l'arrestation de trois accusés, soupçonnés de subornation de témoins dans deux procès séparés contre l'ultranationaliste serbe Vojislav Seselj.

La TPIY a émis en janvier 2015 des mandats d'arrêt contre deux membres de l'équipe de défense de M. Seselj, Petar Jojic et Vjerica Radeta, ainsi que contre un des proches de M. Seselj, Jovo Ostojic.

Ils sont accusés d'avoir "menacé, intimidé, tenté de soudoyer, ou d'avoir interféré d'une autre manière avec deux témoins", selon le texte des mandats d'arrêt.

"Il est clair aux yeux de la chambre que la Serbie ne coopère pas à cet égard", a déclaré le juge Alphons Orie lors d'une audience publique devant le TPIY, qui siège à La Haye, destinée à discuter de la question.

"Vous avez eu plus d'un an pour les arrêter", a-t-il ajouté à l'attention de la représentante légale de Belgrade à cette audience, Sasa Obradovic.

Le juge a alors ordonné à la Serbie de remettre toutes les deux semaines au TPIY un rapport sur ses efforts en vue d'interpeller les accusés.

Selon le mandat d'arrêt, MM. Jojic et Ostojic auraient approché illégalement un témoin à charge dans le procès principal de Vojislav Seselj. Ce témoin aurait été poussé à "signer sans la lire une déclaration" corrigée par la défense de Seselj.

Le leader ultranationaliste doit répondre de nettoyage ethnique contre des Croates, des Musulmans et d'autres non-Serbes pendant les guerres de l'ex-Yougoslavie dans les années 1990. Un jugement est attendu en 2016.

L'avocate Vjerica Radeta aurait elle approché un témoin à charge dans une affaire d'outrage au TPIY contre M. Seselj. Lors de procès pour outrage, M. Seselj avait été condamné en 2012 à deux ans de prison.

La défense de M. Seselj "aiderait" ce deuxième témoin s'il modifiait son témoignage et passait du côté de défense. Ce témoin aurait alors reçu 500 euros par mois, réglés par le Parti radical serbe de l'accusé.

Vojislav Seselj, écroué depuis 2003, avait été autorisé à revenir en Serbie fin 2014 pour y être traité contre un cancer, dans l'attente du verdict sur le fond le concernant.

Depuis son retour en Serbie, M. Seselj ne cesse de multiplier les déclarations provocatrices à l'adresse du TPIY et a renoué avec la rhétorique nationaliste en prônant la création d'une "Grande Serbie".

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