L'ONU "très préoccupée" par les disparitions forcées en Syrie

Des experts des Nations unies se sont dits vendredi "très préoccupés" par les disparitions forcées en Syrie, pays ravagé depuis cinq ans par une guerre meurtrière, et où les familles n'ont "pas de recours".

"Nous demeurons très préoccupés" par la situation en Syrie, un pays où "il y a une pratique de la disparition forcée", a déclaré lors d'une conférence de presse Houria es-Slami, présidente du groupe d'experts de l'ONU sur les disparitions qui a tenu sa 108e session au Maroc.

Elle a dénoncé "l'impossibilité pour les familles d'avoir des mécanismes de recours", ce qui les empêche de référer des cas à ce groupe d'experts.

"La situation en Syrie est très inquiétante. Nous estimons que des crimes contre l'humanité sont commis et nous souhaitons que le Conseil de sécurité saisisse la Cour pénale internationale (CPI)", tribunal international permanent basé à la Haye et chargé de juger ce type de crimes, a ajouté un autre membre de ce groupe d'experts, Ariel Dulitzky.

En novembre dernier, l'organisation internationale de défense des droits de l'Homme Amnesty International avait accusé le régime du président syrien Bachar al-Assad de "profiter par le biais d'un marché noir insidieux des disparitions forcées nombreuses et systématiques", qui constituent selon elle des "crimes contre l'humanité".

Selon l'ONG, plus de 60.000 civils ont disparu depuis le début du conflit, déclenché en mars 2011 par la répression par le régime de manifestations pacifiques antigouvernementales.

La guerre en Syrie a fait plus de 260.000 morts et poussé des millions de personnes à l'exil.

Dans une interview exclusive à l'AFP, M. Assad a rejeté les accusations de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité lancées contre son régime par l'ONU, dénonçant des rapports "politisés".

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