Ukraine: les ONG dénoncent torture et disparitions forcées dans l'Est

Les rebelles prorusses et les forces de Kiev se livrent à la torture et n'hésitent pas à faire disparaître des civils dans l'Est de l'Ukraine, ont dénoncé jeudi dans un rapport les ONG Amnesty International et Human Rights Watch.

"Les autorités ukrainiennes et les séparatistes ont soumis des civils à des détentions arbitraires prolongées, sans contact possible avec le monde extérieur", indique le rapport, ajoutant que les deux camps refusent de reconnaître ces détentions ou de fournir des informations sur le sort des détenus.

"Dans la plupart des cas, les détenus ont subi des actes de torture et d'autres formes de mauvais traitement. Plusieurs d'entre eux ont été privés de soins médicaux pour leurs blessures", ajoute le rapport.

Les organisations s'inquiètent en outre du fait que les civils détenus ont souvent été présentés comme des combattants afin d'être utilisés lors des échanges de prisonniers de guerre entre les deux camps, ce qui "peut être assimilé à une prise d'otage et donc à un crime de guerre", souligne le rapport.

Elles citent notamment le cas de Vadim, un homme de 39 ans capturé par l'armée ukrainienne en avril 2015 pour des liens supposés avec les séparatistes prorusses. Détenu dans un centre tenu par les services secrets ukrainiens (SBU), il y a été torturé et passé à tabac pendant plus de six semaines avant d'être libéré.

Après son retour à Donetsk, l'un des fiefs des séparatistes, Vadim a été arrêté par les rebelles, qui le soupçonnaient d'avoir été recruté par le camp adverse, et détenu pendant plus de deux mois dans une prison non-officielle.

Les services secrets ukrainiens disposent de plusieurs prisons secrètes dans l'est de l'Ukraine, selon les ONG qui appellent les pays occidentaux soutenant Kiev à faire pression pour mettre fin à ces pratiques.

"Amnesty International et Human Rights Watch ont découvert que des détentions secrètes et illégales ont lieu dans des centres du SBU à Kharkiv, Kramatorsk, Izioum et Marioupol", dans l'Est de l'Ukraine, note le rapport.

L'ONU avait déjà dénoncé en juillet dans un rapport de possibles "crimes de guerres" commis par les deux camps en Ukraine, s'inquiétant notamment d'exécutions sommaires de civils et de bombardements aveugles de quartiers résidentiels des deux côtés de la ligne de front.

Justice Info est sur Bluesky
Comme nous, vous étiez fan de Twitter mais vous êtes déçus par X ? Alors rejoignez-nous sur Bluesky et remettons les compteurs à zéro, de façon plus saine.