"Banlieues patriotes", un collectif Front national, va diffuser "probablement mercredi" une émission dont l'invité est Camel Bechikh, voix de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), dont le FN demande sans cesse la dissolution.
"Les invités sont pas forcément d'accord avec nous, ce qui se dit n'engage en rien le FN. Camel Bechikh m'a dit qu'il était adhérent de l'UOIF, sans y être impliqué. Il y a plusieurs lignes je crois" au sein de l'organisation, a assuré à l'AFP Jordan Bardella, patron du collectif affilié au parti de Marine Le Pen.
Le but est d'inviter "des gens avec un intérêt pour le patriotisme, qui ont une démarche de terrain dans les banlieues. Bechikh ne vote pas FN, mais il sillonne les mosquées, il promeut, bien qu'étant musulman, une forme de patriotisme", d'après le conseiller régional francilien FN.
M. Bechikh a expliqué à l'AFP vouloir "parler à tout le monde. Je suis très bien à l'UOIF, je n'y ai plus de fonction dirigeante depuis 2007, et je suis très bien en tant que patriote."
Il avait déjà participé à des réunions de formation des jeunes frontistes, selon M. Bardella, mais aussi au colloque du Club idées nation du vice-président du FN Louis Aliot, le 11 avril 2013, sur le thème "Islam et République".
"M. Bechikh défend une ligne d'assimilation républicaine aux antipodes du discours de l'UOIF", a ajouté à l'AFP M. Bardella.
En réponse à cette initiative du collectif, le vice-président du Front national, Florian Philippot, a tweeté: "bravo !"
Le Front national demande très régulièrement la dissolution de l'UOIF (proche des Frères musulmans), un "groupe islamiste radical".
M. Bardella lui-même avait dénoncé la tenue du rassemblement annuel de l'UOIF au Bourget en mai, auquel participait Camel Bechikh. Il a redit à l'AFP lundi sa volonté de "dissolution" de l'organisation.
L'émission, appelée "Mon quartier la France", devrait durer une vingtaine de minutes. M. Bardella la souhaite "mensuelle", avec de prochains épisodes sur l'éducation ou l'emploi.
Les vidéos de M. Bechikh sont aussi régulièrement relayées par le site Egalité et Réconciliation, du nom du mouvement de l'essayiste d'extrême droite Alain Soral, qui a été condamné ces dernières années pour antisémitisme, injures à caractère racial ou apologie de crimes contre l'humanité. Il a dit en revanche ne pas "avoir de relation" avec M. Soral.
Celui qui est également porte-parole de la "Manif pour tous" s'est dit "peu républicolâtre contrairement à Dupont-Aignan, Chevènement ou Marine Le Pen", a été la figure de proue de "Fils de France", dont l'objectif est de prouver qu'on peut être "Français musulman patriote", et qui est agitée ces derniers mois par un conflit de gouvernance.
"On utilise le communautarisme qu'on prétend combattre", s'est désolé un frontiste.
