Le procès en appel de l'ancien président tchadien Hissène Habré, condamné en mai 2016 à la prison à vie pour crimes contre l'humanité par un tribunal spécial africain à Dakar, s'ouvrira le 9 janvier, a appris l'AFP mardi de sources judiciaires.
M. Habré récuse les Chambres africaines extraordinaires (CAE, tribunal spécial) et a refusé de se défendre et s'exprimer devant elles, mais il a été défendu par des avocats commis d'office qui ont interjeté appel de la "décision défavorable" rendue contre lui.
Les CAE sont une juridiction créée en vertu d'un accord entre le Sénégal - où il s'est réfugié il y a 26 ans - et l'Union africaine (UA).
Le procès en appel de M. Habré "s'ouvrira le 9 janvier à 09H00 (locales et GMT)", a déclaré à l'AFP Marcel Mendy, porte-parole du tribunal spécial, confirmant une ordonnance signée par le président malien de la chambre d'appel, Wafi Ougadèye.
"Mais il n'y aura pas de cérémonie d'ouverture" à l'inverse de l'audience inaugurale du procès en première instance, le 20 juillet 2015, a précisé M. Mendy.
"Le président (de la chambre d'appel) veut attaquer directement le morceau. Mais il n'a pas encore fixé le calendrier des audiences parce qu'on n'a pas encore une idée claire des témoins qui vont être entendus", a-t-il ajouté.
La date de l'ouverture du procès en appel a été confirmée à l'AFP par un des avocats commis d'office pour la défense, qui n'a pas souhaité être identifié ni fournir de détails.
Aucune indication n'était disponible non plus mardi sur la présence physique de l'accusé, demeuré silencieux et impassible durant tout son procès en première instance. Et durant toutes les audiences, il a été forcé à comparaître par la Cour.
En plus de la prison à vie prononcée à son encontre le 30 mai, Hissène Habré, qui a dirigé le Tchad de 1982 à 1990, a été condamné fin juillet 2016 à indemniser ses victimes: il devra payer jusqu'à 20 millions de francs CFA (plus de 30.000 euros) par victime.
Au terme du procès en appel, le verdict sera définitif. En cas de condamnation, Hissène Habré purgera sa peine au Sénégal ou dans un autre pays de l'UA.
Une commission d'enquête tchadienne estime le bilan de la répression sous son régime à quelque 40.000 morts.
