Des équipes techniques se tenaient prêtes samedi à entrer dans une zone rebelle près de la capitale syrienne afin d'y effectuer des travaux pour rétablir l'approvisionnement en eau de Damas, a annoncé un média d'Etat syrien.
Des millions d'habitants de la capitale sont durement touchés depuis des semaines par une grave pénurie d'eau due aux combats incessants à Wadi Barada, un secteur rebelle clé où se trouvent les principales sources d'approvisionnement en eau potable pour Damas. L'ONU a qualifié les privations d'eau imposées aux civils de "crime de guerre".
Les affrontements se poursuivaient samedi matin à Wadi Barada après avoir fait au moins neuf morts --sept soldat et deux civils-- dans la nuit, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
En début de matinée, la télévision d'Etat syrienne a affirmé que des équipes de maintenance étaient arrivées à la périphérie de la zone située à quelque 15 km au nord-ouest de Damas et se "tenaient prêtes à entrer" pour commencer les travaux.
Selon une source proche du régime, un cessez-le-feu temporaire a été conclu par les Russes pour permettre les réparations, même si le retour à la normale pour l'approvisionnement en eau de la capitale pourrait prendre des jours.
Les combats à Wadi Barada font rage depuis des semaines, en dépit de l'entrée en vigueur le 30 décembre d'une trêve parrainée par la Russie, alliée du régime, et de la Turquie soutien des rebelles.
Ce cessez-le-feu censé ouvrir la voie à des négociations de paix a permis le retour d'un calme relatif sur la plupart des fronts, mais il n'inclut pas les régions aux mains des groupes jihadistes Etat islamique (EI) et Fateh al-Cham (ex-branche d'Al-Qaïda en Syrie).
Le régime soutient que Fateh al-Cham est présent à Wadi Barada et accuse les rebelles de "contaminer au diesel" les réserves d'eau, ce que nient les insurgés. Ces derniers affirment que les bombardements du régime ont détruit les infrastructures.
- 19 morts dans le nord -
5,5 millions de personnes ont vu leur approvisionnement en eau coupé ou bien réduit parce que les sources de Wadi Barada sont inutilisables en raison des combats ou d'actes de sabotage, ont dénoncé jeudi les Nations unies.
Les combats persistants compliquent la tenue de négociations, programmées en janvier à Astana, au Kazakhstan et parrainées par la Russie et l'Iran, alliés du régime, et la Turquie, soutien des insurgés.
D'importants groupes rebelles ont déjà annoncé le gel de leur participation aux préparatifs d'Astana, accusant le régime de violer le cessez-le-feu, le énième depuis le début du conflit en 2011.
Engagée militairement depuis septembre 2015 en Syrie, Moscou a changé la donne dans la guerre en volant au secours de l'armée qui était alors en difficulté face aux rebelles, appuyés également par des pays du Golfe et occidentaux. Elle a annoncé vendredi commencer à alléger son dispositif militaire.
La Turquie a elle aussi lancé en août une intervention militaire dans le pays en guerre, visant deux groupes qu'elle considère comme "terroristes": l'EI et les Unités de protection du peuple kurde (YPG), alliées de Washington dans la lutte contre les jihadistes.
Ankara a envoyé du renfort en vue d'une opération contre la ville d'Al-Bab, un fief des jihadistes dans le nord de la Syrie, a indiqué samedi l'OSDH.
Par ailleurs, les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance kurdo-arabe soutenue par Washington, se rapprochent de Raqa, la capitale de facto de l'EI en Syrie et se trouvent à une distance de tir du barrage de Tabqa sur l'Euphrate, a indiqué l'OSDH.
Selon la même source, au moins dix-neuf personnes, en majorité des civils, ont été tuées samedi par une voiture piégée, à Azaz, une ville rebelle à la frontière avec la Turquie. Cette ville a été la cible de plusieurs attaques et d'offensives des jihadistes du groupe Etat islamique (EI) pour s'en emparer.
Le conflit en Syrie a fait plus de 310.000 morts en près de six ans et provoqué une grave crise humanitaire. Des millions de Syriens ont été déplacés, leurs maisons détruites et leurs biens perdus.
