Turquie/coup d'Etat: ouverture du procès d'un magistrat de l'ONU

Le procès d'un magistrat turc de l'ONU pour liens avec le groupe accusé d'avoir fomenté le putsch de juillet s'est ouvert mercredi à Ankara, malgré les appels onusiens à respecter son immunité.

Aydin Sefa Akay, l'un des magistrats du Mécanisme de suivi des tribunaux pénaux internationaux de l'ONU (MTPI), a été interpellé en septembre et maintenu en détention depuis.

Il est poursuivi pour "appartenance à une organisation terroriste", en raison de liens présumés avec l'organisation de Fethullah Gülen, un prédicateur islamiste installé aux Etats-Unis et accusé par Ankara d'être à l'origine de la tentative de coup d'Etat de l'été dernier.

Les autorités reprochent à cet ex-ambassadeur d'avoir téléchargé et utilisé ByLock, une application de messagerie cryptée utilisée par les gulénistes pour préparer le putsch, selon Ankara.

M. Akay et ses avocats étaient présents pour cette première audience, a rapporté l'agence pro gouvernementale Anadolu.

M. Akay, qui risque jusqu'à 15 ans de prison, a nié les charges qui pèsent contre lui, affirmant selon Anadolu qu'il ne faisait pas partie du réseau de Gülen.

Il a admis avoir téléchargé l'application de messagerie, mais assuré ne pas s'être servi de mot de passe pour y accéder.

Ses avocats ont appelé à sa libération, en invoquant son immunité en tant que magistrat international, mais le tribunal a décidé de le maintenir en détention jusqu'à la prochaine audience, fixée au 13 avril.

M. Akay était chargé depuis juillet avec quatre autres juges d'examiner la demande en révision du jugement et de l'arrêt présentée par l'ancien ministre rwandais Augustin Ngirabatware, poursuivi par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour sa participation au génocide de 1994.

Le président du MTPI Theodor Meron, avait appelé à plusieurs reprises Ankara à respecter l'immunité diplomatique du magistrat, et a exprimé son inquiétude sur ses conditions de détention.

Le MPTI a accusé la Turquie de faillir à ses obligations, annonçant le 6 mars qu'il porterait l'affaire devant le Conseil de Sécurité de l'ONU.

La Turquie a lancé après le putsch manqué du 15 juillet une vague de purges sans précédent au cours desquelles plus de 43.000 personnes ont été arrêtées.

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