Philippines: Duterte limoge un ministre soupçonné de corruption

Le président philippin Rodrigo Duterte a limogé son ministre de l'Intérieur, cible d'accusations de corruption, a annoncé mardi son porte-parole.

Ismael Sueno, qui supervisait depuis l'année dernière la très controversée guerre contre le trafic de drogue de M. Duterte qui a fait des milliers de morts, a été limogé lundi soir sur le champ, a déclaré dans un communiqué Ernesto Abella, porte-parole de la présidence.

"Ce limogeage est un avertissement pour rappeler que M. Duterte ne tolérera aucune décision à la légalité douteuse de la part d'un membre du gouvernement", a-t-il ajouté sans précisé les décisions auxquelles il se référait.

Il a toutefois indiqué que cette mise à la porte reflétait la volonté de M. Duterte d'avoir "un gouvernement fiable en s'attaquant aux problèmes comme la corruption".

Quelques heures avant d'être limogé, M. Sueno, 69 ans, avait dans un communiqué vigoureusement démenti toute malversation, dénonçant des rumeurs propagées par certains partisans du président.

"Mon engagement contre la corruption est fort", a dit cet ancien maire et ancien gouverneur. "On ne peut m'accuser, moi, de corruption."

Il a notamment mis en cause pour leurs médisances trois ministres de rang inférieur.

Ce limogeage intervient un mois après celui du ministre philippin des Affaires étrangères, Perfecto Yasay, accusé par des parlementaires d'avoir menti au sujet de sa nationalité américaine.

M. Abella a soutenu que le limogeage de ministres de premier plan n'affaiblissait pas le président, mais reflétait au contraire sa détermination à oeuvrer pour un gouvernement qui jouisse de la confiance de tous.

M. Duterte avait remporté l'élection dans un fauteuil en mai 2016 en promettant d'éradiquer le trafic de drogue et de faire abattre des dizaines de milliers de délinquants présumés.

Depuis son entrée en fonctions fin juin, la police a annoncé avoir abattu plus de 2.500 trafiquants ou toxicomanes présumés tandis que plus de 4.200 personnes ont été tuées dans des circonstances non élucidées, selon les chiffres officiels.

Rodrigo Duterte bénéficie du soutien de nombreux Philippins qui jugent que la criminalité doit être combattue par des mesures extrêmes.

Les défenseurs des droits estiment que les autorités philippines sont peut-être en train de commettre un crime contre l'humanité. Le Parlement européen figure parmi l'une des institutions internationales qui s'est montrée très critique envers M. Duterte.

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