Attaque de Khan Cheikhoun: Guterres "confiant" dans l'adoption d'une résolution

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'est dit mercredi "confiant" que le Conseil de sécurité "prendra ses responsabilités" en adoptant une résolution sur l'attaque chimique présumée en Syrie, que la France et le Royaume-Uni imputent au régime de Bachar al-Assad.

M. Guterres s'exprimait à son arrivée à une conférence sur l'avenir de la Syrie, où les chefs de la diplomatie français et britannique ont réitéré avec force leurs accusations contre le régime syrien, qu'ils tiennent pour responsable de l'attaque qui a fait au moins 72 morts mardi à Khan Cheikhoun (nord-ouest de la Syrie).

"Toutes les preuves que j'ai vues suggèrent que c'était le régime d'Assad (...) utilisant des armes illégales en toute connaissance de cause contre son propre peuple", a déclaré le Britannique Boris Johnson. "C'est la confirmation qu'il s'agit d'un régime barbare qui rend impossible à nos yeux d'imaginer qu'il puisse avoir la moindre autorité en Syrie après la fin du conflit", a-t-il ajouté.

L'opposition syrienne a la première accusé le "régime du criminel Bachar" d'avoir perpétré cette attaque mardi matin avec des "obus" contenant du "gaz toxique".

Washington, Londres et Paris ont également mis en cause Damas, qui nie et incrimine les rebelles. Mercredi, Moscou a affirmé qu'en fait, l'aviation syrienne avait bombardé près de Khan Cheikhoun "un atelier de fabrication de mines artisanales, avec des substances toxiques" aux mains des rebelles, sans préciser si elle avait connaissance du contenu de cet entrepôt.

Mais, a fait valoir le ministre français Jean-Marc Ayrault, "Moscou reconnaît qu'il y a eu des survols. Ce sont des avions syriens, qui sont d'ailleurs des avions (de fabrication) russe, qui ont tiré des missiles". "Donc il n'y a pas de doute sur la responsabilité du régime de Damas", a martelé M. Ayrault.

Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont présenté un projet de résolution condamnant l'attaque et appelant à une enquête complète et rapide au Conseil de sécurité de l'ONU, qui se réunira en urgence ce mercredi.

"Ces évènements horribles montrent malheureusement que des crimes de guerre continuent (d'être commis) en Syrie et que le droit humanitaire international est violé fréquemment", a commenté M. Guterres.

- 'Ne pas fermer les yeux' -

"Il nous faut une enquête claire pour lever tous les doutes et il faudra rendre des comptes sur cette base", a-t-il réclamé, se disant "confiant que le Conseil de sécurité prendra ses responsabilités".

"J'espère (...) qu'on n'utilisera pas une fois de plus le droit de véto", a ajouté M. Ayrault, alors que Moscou et Pékin ont bloqué en février une résolution imposant des sanctions au régime syrien.

"On ne peut pas fermer les yeux, dire à la fois qu'on respecte les traités internationaux" interdisant l'usage d'armes chimiques "et, lorsqu'on y déroge, faire comme si rien ne s'était passé", a-t-il insisté, recevant le soutien de son homologue allemand Sigmar Gabriel, qui a appelé "la Russie à accepter cette résolution".

La conférence de Bruxelles doit, au-delà des promesses d'aide humanitaire, lancer les travaux préparatoires pour la reconstruction de la Syrie par la communauté internationale en cas d'accord de paix.

Une minute de silence a été observée à l'ouverture des travaux pour "toutes les personnes qui ont perdu la vie pendant six ans de conflit".

"Il a pu y avoir une perception que la situation s'apaisait alors que les lignes du conflit bougent, c'est faux!", a ensuite lancé M. Guterres devant les représentants de 70 pays et organisations internationales.

Ces derniers temps, "des centaines de civils ont été tués ou blessés et des centaines de milliers sont hors d'atteinte pour les agences humanitaires", a-t-il décrit.

Le financement du travail des organisations humanitaires "est tout à fait insuffisant", a par ailleurs souligné le secrétaire général de l'ONU.

L'ONU estime avoir besoin en 2017 de 8,1 milliards de dollars pour financer ses programmes d'aide humanitaire, dont 4,7 milliards pour les réfugiés syriens et les communautés des pays de la région qui les accueillent.

Justice Info est sur Bluesky
Comme nous, vous étiez fan de Twitter mais vous êtes déçus par X ? Alors rejoignez-nous sur Bluesky et remettons les compteurs à zéro, de façon plus saine.