Le conflit frontalier entre le Costa Rica et le Nicaragua devant la justice internationale

Le Costa Rica et le Nicaragua s'affrontent jusqu'au 13 juillet devant la Cour internationale de justice (CIJ), qui va devoir déterminer des frontières maritimes et terrestres entre les deux pays englués dans un âpre conflit frontalier.

La Cour basée à La Haye, présidée par le juge Abraham, a vu défiler lundi les premiers délégués costariciens qui ont dénoncé la position "irréaliste" et "non conforme au droit international" du Nicaragua.

Le différend porte sur les frontières maritimes dans la mer des Caraïbes à l'est et dans l'océan Pacifique à l'ouest, et sur une frontière terrestre dans la partie septentrionale d'Isla Portillos.

"Depuis quarante ans, le Costa Rica a réussi à négocier ses frontières maritimes avec tous ses voisins, sauf avec le Nicaragua", a lancé Sergio Ugalde, ambassadeur costaricien aux Pays-Bas.

Le Costa Rica revendique une frontière maritime selon "une ligne tracée à équidistance pour une utilisation équitable des eaux", a déclaré Edgar Ugalde Alvarez, ambassadeur en mission spéciale et premier orateur.

Il a souligné que la présence du ministre costaricien des Affaires étrangères à La Haye pour les deux premiers jours de l'audience "montre bien l'importance que le gouvernement attache au droit international".

Le Costa Rica "espère que le règlement apportera la sécurité juridique nécessaire pour un bon développement bilatéral", a ajouté M. Alvarez.

La CIJ avait déjà statué en 2015 sur un autre différend sur le petit territoire frontalier appelé Calero Island (Port Head au Nicaragua), en reconnaissant l'appartenance au Costa Rica.

Elle avait ordonné au Nicaragua de verser une compensation à son voisin du Sud pour les dommages causés, mais les pays n'étaient pas tombés d'accord sur le montant. Le Costa Rica avait alors à nouveau fait appel à la CIJ pour définir ce montant, qui sera examiné lors des prochaines audiences.

"Mes attentes sont des plus élevées, le Costa Rica a un dossier solide", a déclaré le président costaricien Luis Guillermo Solís, après une réunion des dirigeants d'Amérique centrale à San Jose la semaine dernière.

Quant au pays voisin, il espère "un résultat équilibré", a déclaré à l'AFP Mauricio Herdoica, avocat du Nicaragua spécialisé en droit international.

La décision dans cette affaire portée devant la CIJ en 2014, le Costa Rica jugeant qu'il avait "écumé tous ses outils diplomatiques", ne sera pas rendue avant la fin de l'année, voire même avant le début de l'année prochaine.

Justice Info est sur Bluesky
Comme nous, vous étiez fan de Twitter mais vous êtes déçus par X ? Alors rejoignez-nous sur Bluesky et remettons les compteurs à zéro, de façon plus saine.