John Bolton, nouveau conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, est un adepte des déclarations chocs: il milite pour une sortie de l'accord nucléaire avec l'Iran et se dit favorable à des "frappes préventives" contre la Corée du Nord.
Cet avocat de formation de 69 ans, célèbre pour son épaisse moustache blanche, est un fervent partisan du recours à la force sur la scène internationale. Il fut l'un des chefs de file des "faucons" au sein de l'administration de George W. Bush.
- Corée du Nord -
Dans une tribune fin février il a affirmé qu'il était "parfaitement légitime pour les Etats-Unis de répondre" à "la menace" représentée par une Corée du Nord nucléaire "en frappant les premiers".
"Il nous reste un temps très limité avant que #CoréeNord acquière des armes nucléaires utilisables. Nous devons étudier le choix très peu attrayant d'utiliser la force militaire pour l'en empêcher", a-t-il écrit en janvier sur Twitter.
Son opposition au régime de Pyongyang est ancienne. En août 2003, alors sous-secrétaire d'Etat, il avait été traité de "déchet humain" et de "suceur de sang" dans la presse nord-coréenne.
- Iran -
En 2015, il avait dénoncé "la fascination" de Barack Obama pour parvenir à un accord sur le nucléaire iranien et les "concessions toujours plus importantes" de Washington.
La même année, il avait suggéré qu'Israël bombarde les installations nucléaires iraniennes tandis que les Etats-Unis offriraient un soutien à l'opposition en vue d'un "changement de régime".
En 2013, il avait rendu hommage aux "nombreux Iraniens-Américains (et à) la diaspora iranienne partout dans le monde qui ne demandent rien d'autre qu'un gouvernement libre en Iran".
"Ce jour va arriver, ce n'est qu'une question de temps", avait-il assuré.
- Irak -
C'est l'un des sujets de désaccords avec Donald Trump. M. Bolton est un infatigable défenseur de la guerre en Irak, que le président n'a eu de cesse de critiquer lors de la campagne électorale.
"Je pense toujours que la décision de renverse Saddam était la bonne", avait-il affirmé en 2015, estimant que la situation actuelle au Moyen-Orient n'était pas "la conséquence totale et immuable" de cette décision.
En 2007, il avait même perdu son sang-froid, traitant un journaliste de la BBC qui lui demandait si Washington avait "perdu la partie" en Irak de "gauchiste" et l'accusant d'avoir "un cerveau vide".
- Russie -
Autre différend avec M. Trump, peu enclin à critiquer Moscou, il s'est dit en mars favorable à des "sanctions punitives larges, pas ciblées" estimant que celles récemment annoncées par l'administration américaine étaient "symboliques mais finalement pas efficaces".
- ONU -
M. Bolton a multiplié tout au long de sa carrière les déclarations de défiance à l'égard des Nations unies. Lors de son passage mouvementé de 18 mois comme ambassadeur des Etats-Unis (2005-2006), il avait marqué l'organisation mondiale sans toujours faire preuve de diplomatie.
"Les Nations unies sont l'une des organisations intergouvernementales les moins efficaces", avait-il lancé en 1994.
Ses détracteurs lui reprochaient notamment un mépris pour la coopération internationale comme lorsqu'il s'est farouchement opposé à la création de la Cour pénale internationale (CPI).
- Conflit israélo-palestinien -
John Bolton est un fidèle allié d'Israël et a salué la décision de M. Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale de l'Etat hébreu.
Dans le passé, il a également estimé qu'une résolution du conflit basée sur le principe de deux Etats était inapplicable, proposant une "approche +à trois Etats+" dans laquelle Gaza serait restituée au contrôle de l'Egypte et la Cisjordanie dans une certaine configuration reviendrait sous souveraineté jordanienne".
