Héros pour les Bosniaques, criminel pour les Serbes, l'ex-défenseur de l'enclave de Srebrenica pendant le conflit intercommunautaire de 1992-95, Naser Oric, est de nouveau jugé pour crimes de guerre depuis lundi.
La justice bosnienne l'avait acquitté en octobre 2017, mais ce verdict avait été annulé en juin pour des questions de procédures.
Naser Oric, 51 ans, commandait la défense de l'enclave bosniaque musulmane, encerclée par les forces serbes de Ratko Mladic.
Elle finira par tomber en juillet 1995, une chute accompagnée du massacre de plus de 8.000 hommes et adolescents bosniaques, un carnage considéré comme un acte de génocide par la justice internationale.
Les Serbes accusent Naser Oric d'avoir mené de 1992 à 1995 des attaques contre des villages des alentours de Srebrenica, y commettant des crimes contre des civils et des prisonniers serbes.
Selon des associations de victimes, 2.428 civils et militaires serbes ont été tués dans cette zone durant le conflit.
Reconverti en homme d'affaires selon les médias, s'adonnant à l'activité de berger selon ses propres dires, Oric a été acquitté par la justice bosnienne pour l'assassinat de trois prisonniers serbes au début du conflit.
L'acquittement avait également été prononcé pour Sabahudin Muhic, 50 ans, son frère d'armes qui est lui aussi rejugé. Les deux hommes comparaissent libres.
Le premier témoin de ce nouveau procès sera entendu le 17 septembre. Mais selon le site d'information Detektor.ba, les juges ont rejeté la demande du parquet de représenter l'ensemble des preuves et de convoquer tous les témoins.
La justice internationale a également acquitté Oric en appel après l'avoir condamné en première instance pour ne pas avoir empêché meurtres et mauvais traitements.
