Le réseau social russe VKontakte (VK), suivant l'exemple de Facebook, a fermé le compte du chef de l'armée birmane et d'un moine nationaliste, accusé de promouvoir la répression contre la minorité musulmane rohingya.
Facebook a bloqué fin août les comptes du chef de l'armée, le général Min Aung Hlaing, et d'une vingtaine d'autres individus ou organisations birmanes, arguant que des experts internationaux avaient établi qu'ils avaient "commis ou permis de graves violations des droits de l'Homme".
L'annonce de Facebook est intervenue le jour où des enquêteurs de l'ONU ont demandé que la justice internationale poursuive le chef de l'armée birmane et cinq autres hauts gradés pour "génocide", "crimes contre l'humanité" et "crimes de guerre" à l'encontre des Rohingyas.
Le chef de l'armée avait réagi immédiatement en ouvrant un compte sur VK, est hébergé en Russie, pays allié du gouvernement birman.
Il y a rapidement rassemblé 37.000 amis mais ceux-ci sont tombés lundi sur un message disant que le compte avait été suspendu "en raison d'une violation des conditions de services de VK".
VK a indiqué à l'AFP avoir "bloqué de façon permanente" les comptes de Min Aung Hlaing et du moine radical Wirathu, "après avoir reçu de nombreuses plaintes d'utilisateurs", ajoutant avoir recruté des modérateurs maîtrisant le birman pour surveiller les publications.
Wirathu est un moine bouddhiste influent, vu comme l'un des artisans de la montée de l'islamophobie dans ce pays d'Asie du Sud-Est aujourd'hui accusé d'épuration ethnique de la minorité apatride des Rohingyas.
Facebook avait fermé son compte en janvier.
Des violences l'an dernier dans l'ouest de ce pays majoritairement bouddhiste ont poussé plus de 700.000 Rohingyas à s'enfuir au Bangladesh voisin.
Seule une minorité de partisans de l'armée ont basculé vers VK, la majorité restant fidèle à Facebook, qui compte 18 millions de comptes dans un pays de 51 millions d'habitants.
Le chef de l'armée, qui avait deux comptes Facebook avec respectivement 1,3 et 2,8 millions d'amis, les utilisait pour mobiliser ses supporters. Les publications qualifiaient les Rohingyas de "Bengalis" pour signifier qu'ils étaient des immigrants clandestins du Bangladesh, et niaient la brutalité de la répression.
