Le principal juge dans le procès en appel à La Haye de l'ex-chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic, a annoncé jeudi qu'il se retirait, à la suite d'une procédure de récusation engagée à son encontre.
En 2016, le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) avait condamné M. Karadzic à 40 ans de prison, le reconnaissant coupable de génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité pendant le conflit de Bosnie (1992-1995).
Son procès en appel s'est ouvert à La Haye en avril devant le Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI) de l'ONU, qui a pris le relais du TPIY.
"Afin d'éviter qu'une procédure de récusation (engagée par les avocats de Karadzic) entrave le déroulement du procès en appel, il est dans l'intérêt de la justice que je me retire de cette affaire", a déclaré le juge Theodor Meron, président du MTPI, dans un document rendu public.
M. Meron et deux autres juges ont été récusés début septembre dans le procès en appel de l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic, condamné à perpétuité par le TPIY pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre.
Les avocats de Radovan Karadzic ont utilisé les mêmes arguments que ceux avancés dans le cas de Ratko Mladic, à savoir que les trois juges des procès en appel ne seraient pas impartiaux car ils ont déjà statué sur des affaires portant sur les mêmes faits.
M. Meron a toutefois assuré qu'il aurait "continué à juger l'affaire Karadzic dans un esprit d'impartialité".
Radovan Karadzic, 73 ans, et Ratko Mladic, 76 ans, ont été condamnés par le TPIY pour leur rôle dans la guerre qui a suivi l'éclatement de la Yougoslavie après la chute du communisme au début des années 1990. Ce conflit a fait plus de 100.000 morts et 2,2 millions de déplacés.
Tous deux ont fait appel de leur condamnation, qui reconnaît notamment leur participation dans le génocide de l'enclave de Srebrenica. Près de 8.000 hommes et garçons musulmans y ont été tués en 1995, la pire tuerie en Europe depuis la Seconde guerre mondiale.
