La mort de l'opposant vénézuélien Fernando Alban, décédé en prison, renvoie aux dernières années de la dictature franquiste en Espagne quand les personnes interrogées "sautaient par la fenêtre", a estimé jeudi le ministre espagnol des Affaires Etrangères, Josep Borrell.
"Les évènements des dernières années du franquisme (1939-1975), quand les prisonniers interrogés dans des dépendances de la police sautaient par la fenêtre, nous reviennent à la mémoire", a déclaré M. Borrell, lors d'une conférence de presse commune avec son homologue brésilien Aloysio Nune.
Le ministre socialiste s'est toutefois empressé de nuancer en indiquant qu'il ne cherchait pas à établir "quelque comparaison que ce soit entre les évènements intervenus en Espagne" et ceux au Venezuela ni à laisser entendre qu'un "cas était similaire à l'autre".
Mais le gouvernement vénézuélien doit "donner des explications comme devrait le faire n'importe quel pays en cas d'évènement de ce type car les gens ne se jettent pas du dixième étage, il a dû se passer quelque chose pour que cela arrive", a souligné Borrell.
Jugé "suspect" par la communauté internationale, le décès en prison lundi de Fernando Alban, conseiller municipal d'un arrondissement de Caracas, a suscité de nombreuses réactions et demandes d'enquête indépendante, de l'ONU à l'Union européenne en passant par l'Organisation des États américains.
Fernando Alban avait été emprisonné vendredi 5 octobre, accusé d'avoir participé à une attaque présumée aux drones explosifs contre le président Nicolas Maduro en août.
Lundi, il "a demandé à aller aux toilettes et une fois là-bas, il s'est jeté dans le vide depuis le dixième étage", a affirmé le procureur général Tarek William Saab, qui a annoncé une enquête approfondie.
Borrell et son homologue brésilien Aloysio Nunes ont toutefois souligné que leurs pays ne soutiendraient pas l'initiative prise à l'ONU par le Canada et cinq pays latino-américains (Argentine, Chili, Colombie, Paraguay et Pérou) et appuyée par la France, en vue de réclamer une enquête de la Cour pénale internationale (CPI) sur de possibles crimes contre l'humanité commis selon eux par Caracas.
