Le Sri Lanka s'est retrouvé plongé dans une crise constitutionnelle après le limogeage vendredi par le président sri-lankais Maithripala Sirisena du Premier ministre Ranil Wickremesinghe, remplacé par l'ancien président Mahinda Rajapakse, un homme à poigne controversé.
Principaux événements ayant abouti au retour au pouvoir de l'ancien président Rajapakse:
- Rajapakse vaincu à la présidentielle de 2015 -
Le 8 janvier 2015, Mahinda Rajapakse, président du Sri Lanka de 2005 à 2015, perd la présidentielle face à Maithripala Sirisena. Au cours de ses dix années à la tête de l'Etat, il a mis fin à la guerre avec la guérilla séparatiste des Tigres tamouls (LTTE), à l'issue d'une offensive qui aurait fait des milliers de morts parmi les civils et au cours de laquelle auraient été commis des crimes de guerre. Ses deux mandats ont également été entachés par des accusations de corruption. L'ancien président, 72 ans, rejette les accusations de crimes de guerre au cours du conflit et de malversations dans la conclusion de contrats, mais il fait l'objet d'une enquête, ainsi que sa famille.
- Retour au parlement -
En août 2015, M. Rajapakse est le premier ancien président du Sri Lanka à faire un retour en politique en remportant un siège au parlement, bien que son parti de la Liberté du Sri Lanka (SLFP) soit défait au profit du Parti d'union nationale de Ranil Wickremesinghe, ce qui balaie ses espoirs de devenir Premier ministre.
- Le parti de M. Rajapakse tire parti des divisions politiques -
La coalition entre le président Sirisena et le Premier ministre Wickremesinghe est fragile, marquée par des divisions politiques et des difficultés économiques, ce qui permet au parti SLFP de M. Rajapakse de remporter une spectaculaire victoire aux élections locales du 10 février 2018.
- Contre-attaque après des accusations de corruption -
Le 24 août 2018, un tribunal spécial anticorruption lance une procédure contre l'ancien chef de cabinet de M. Rajapakse, accusé d'avoir détourné 3 millions de dollars dans le cadre d'un contrat dans le secteur du BTP. Un autre responsable proche de M. Rajapakse purge déjà une peine de trois ans de prison pour corruption.
Deux des trois fils de l'ancien président sont accusés de corruption. M. Rajapakse dénonce une "chasse aux sorcières politique".
Le 5 septembre, des dizaines de milliers de partisans de Mahinda Rajapakse se rassemblent à Colombo pour exiger de nouvelles élections. Cinq jours plus tard, M. Rajapakse a des entretiens avec le Premier ministre indien Narendra Modi à New Delhi.
- Limogeage du Premier ministre -
Le président Sirisena limoge le 26 octobre le Premier ministre Wikremesinghe, qu'il remplace par M. Rajapakse. Le Sri Lanka se retrouve en pleine crise politique, M. Wickremesinghe voulant démontrer qu'il dispose toujours d'une majorité au parlement, lequel est suspendu le 27 octobre par le président Sirisena.
