Nicaragua: le CICR soutiendra le processus de libération des détenus

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a accepté de soutenir le processus de libération des personnes arrêtées au Nicaragua lors des manifestations contre le président Daniel Ortega, ont annoncé vendredi le pouvoir et l'opposition.

L'antenne du CICR pour le Mexique et l'Amérique centrale a fait connaître "son entière disposition à faciliter le processus de libération" des "personnes privées de liberté" à la suite de ces manifestations, indique une déclaration commune du gouvernement et de l'opposition publiée par la présidence nicaraguayenne.

Le communiqué précise que le gouvernement et la plateforme d'opposition Alliance civique pour la justice et la démocratie (ACJD) doivent remettre au CICR une liste des opposants détenus. La date de leur libération n'a pas encore été fixée.

Le pouvoir du président Ortega et l'ACJD participent depuis le 27 février à un dialogue visant à sortir le Nicaragua de la grave crise politique qu'il connaît depuis onze mois.

Daniel Ortega, ancien guérillero qui gouverne le Nicaragua depuis 2007, a accepté en février de revenir à la table de négociations, après des mois d'interruption des discussions.

Le gouvernement a annoncé le 21 mars qu'il libérerait tous les opposants détenus dans un délai maximum de 90 jours. Mais les deux parties ont annoncé qu'il fallait encore définir les modalités du processus et signer un "protocole de garanties de sécurité".

Le gouvernement s'est par ailleurs engagé à mettre fin dans le cadre d'un accord aux poursuites judiciaires lancées contre les personnes inculpées en leur absence, entrées dans la clandestinité ou parties en exil.

Selon la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH), 647 opposants ont été arrêtés depuis qu'ont débuté en avril 2018 les manifestations contre le pouvoir du président Ortega, dont la répression a fait 325 morts et a entraîné le départ en exil de quelque 50.000 personnes.

Pour sa part, la Commission de la vérité et de la justice du Nicaragua, instituée pour enquêter sur ces faits par le parlement de Managua contrôlé par le pouvoir, a annoncé cette semaine qu'elle n'avait connaissance que de 261 opposants détenus sur la liste de 647 citée par la CIDH.

Selon la commission nicaraguayenne, sur les 386 autres personnes mentionnées par la CIDH, 152 ont été remises en liberté, 61 ne sont pas liées aux manifestations, 54 sont inconnues des autorités, 112 ne se trouvent dans aucun lieu de détention et 7 noms sont dupliqués.

Gouvernement et opposition ont invité le nonce apostolique, Waldemar Sommertag, et l'envoyé spécial de l'Organisation des Etats américains (OEA), Luis Angel Rosadilla, à jouer un rôle de "garants internationaux" dans le processus de libération des opposants.

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