La police britannique enquête sur 5 participants présumés au génocide au Rwanda

La police britannique a indiqué mardi enquêter sur cinq personnes vivant au Royaume-Uni et soupçonnées d'avoir participé au génocide de 1994 au Rwanda, après avoir été sollicitée par les autorités rwandaises l'an dernier.

L'Unité des crimes de guerre de Scotland Yard "a reçu en janvier 2018 une demande des autorités rwandaises d'ouvrir une enquête sur cinq personnes (se trouvant) au Royaume-Uni au sujet de crimes présumés liés au génocide rwandais", a indiqué la police dans un communiqué transmis à l'AFP.

Cette unité "examine" les documents reçus du Rwanda.

"Nous avons débuté une enquête", et "des officiers ont aussi été déployés au Rwanda pour enquêter", a déclaré le secrétaire d'Etat chargé de la Sécurité intérieure Ben Wallace, interrogé mardi à la Chambre des communes. Il a déclaré s'attendre à un "long processus", précisant que l'enquête pourrait durer de "trois à cinq ans".

Le Daily Mirror affirme que les cinq suspects sont Celestin Mutabaruka, 63 ans, Vincent Brown, aussi connu sous le nom de Vincent Bajinya, 59 ans, Celestin Ugirashebuja, 66 ans, Charles Munyaneza, 61 ans et Emmanuel Nteziryayo. Tous les cinq démentent les accusations et nient toute implication dans le génocide qui a coûté la vie à au moins 800.000 personnes, essentiellement parmi la minorité tutsi et les Hutu modérés, il y a 25 ans.

Ces cinq hommes avaient été arrêtés en 2013.

Ils étaient accusés par les autorités rwandaises de génocide, complicité de génocide, crimes contre l'humanité, conspiration en vue de commettre des meurtres, ainsi que de divers actes de destruction et de pillage.

En 2015, un tribunal de Londres avait refusé leur extradition. Le Rwanda avait fait appel et en juillet 2017, un juge de la Haute Cour britannique avait bloqué l'extradition des cinq hommes au motif qu'il existait un risque qu'ils ne puissent pas bénéficier d'un procès équitable.

Interpellé par des députés sur la longueur de ces procédures et l'échec des demandes d'extradition, M. Wallace a déclaré que "le gouvernement ne protège pas les criminels de guerre".

"Si la police a besoin de plus de ressources ou se heurte à un obstacle lié aux relations internationales, le gouvernement se tient prêt à aider à accélérer (les choses) et à s'assurer que les personnes soupçonnées de crimes de guerre soient jugés", a-t-il affirmé.

Interrogé par le Mirror, l'un des suspects, Celestin Mutabaruka, pasteur dans le Kent, a qualifié de "ridicules" les accusations portées contre lui et s'est dit "confiant" que l'enquête conclurait à son innocence. Selon le journal, qui cite des documents d'extradition, il est accusé d'avoir participé au massacre de personnes qui s'étaient réfugiées dans une église de Gatare et d'avoir tiré sur une foule.

Vincent Bajinya, qui a changé son nom en Brown et a acquis la nationalité britannique, a aussi assuré au journal ne "pas être un criminel" et ne "pas se cacher". Selon le tabloïd, ce père de deux enfants avait passé plus de deux ans en prison dans l'attente d'un jugement d'extradition.

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