Qatar: deux ans de crise dans le Golfe

Les dates-clés de la crise diplomatique sans précédent opposant depuis deux ans le Qatar à l'Arabie saoudite et trois de ses alliés:

- Mise au ban -

Le 5 juin 2017, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l'Egypte rompent leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Ils lui reprochent de soutenir des groupes islamistes radicaux et de ne pas prendre assez de distance avec l'Iran, puissance régionale chiite rivale de l'Arabie saoudite sunnite.

Cette rupture s'accompagne de mesures économiques comme la fermeture des liaisons aériennes et maritimes avec le Qatar et de la seule frontière terrestre de l'émirat (avec l'Arabie saoudite). Des restrictions sont imposées aux déplacements des personnes. Les bureaux à Ryad de la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera sont fermés.

- Liste noire -

Le 22 juin, les quatre pays soumettent au Qatar une liste de 13 demandes à satisfaire, dont la fermeture d'Al-Jazeera, la réduction des relations avec l'Iran et la fermeture d'une base militaire turque au Qatar. Doha et Ankara ont en commun un solide soutien à la confrérie des Frères musulmans.

Le 4 juillet, Doha juge la liste "irréaliste et irrecevable".

Le 25, l'Arabie saoudite et ses alliés ajoutent 18 groupes et individus, qualifiés de "terroristes", à une liste noire répertoriant des entités accusées de liens avec l'émirat. La liste comptera près de 90 noms.

- Briser l'isolement -

En décembre, le Qatar signe des contrats de plus de dix milliards d'euros pour l'achat notamment d'au moins 12 avions de combat Rafale et 50 Airbus A321 lors d'une visite du président français Emmanuel Macron.

En quête de soutiens extérieurs, le Qatar multiplie les gros contrats d'armement et approuve un projet de loi autorisant des investisseurs étrangers à détenir 100% des parts d'une entreprise.

- Position de Trump -

Le 10 avril 2018, l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, rejette tout soutien au terrorisme lors d'une rencontre avec le président américain Donald Trump. Louant son invité, "un ami", M. Trump assure travailler à "l'unité" des pays du Golfe.

Dans un premier temps, M. Trump avait fait écho aux accusations de Ryad en exhortant le Qatar à arrêter de financer "le terrorisme à un très haut niveau". Il avait ensuite changé de ton.

- Justice internationale -

Le 27 juin, le Qatar porte devant la Cour internationale de justice (CIJ) son différend avec les Emirats arabes unis qu'il accuse de "violations des droits de l'Homme".

Le 23 juillet, cette juridiction de l'ONU ordonne aux Emirats de protéger les droits des citoyens qataris, en particulier de réunir les familles séparées et de permettre aux étudiants de poursuivre leurs études.

Le 1er octobre, le groupe audiovisuel beIN du Qatar réclame un milliard de dollars pour un "piratage de masse" de ses programmes sportifs attribué à l'Arabie saoudite via l'opérateur satellitaire Arabsat et une chaîne se faisant appeler "beoutQ".

En mai 2019, les Emirats retiennent pendant une semaine un bateau militaire du Qatar qui avait franchi ses eaux territoriales. Les Emirats et le Qatar ont signalé dans le passé plusieurs incidents aériens impliquant des avions civils, mais sans gravité.

Le 7 mai, Abou Dhabi accuse le Qatar devant la CIJ d'"aggraver" la crise et d'avoir "propagé des affirmations mensongères" contre les Emirats.

Le lendemain, Doha accuse les Emirats d'encourager un "climat de haine" à l'encontre des citoyens qataris.

- Le Qatar à La Mecque -

Les 30 et 31 mai, le Premier ministre du Qatar participe à deux sommets des pays du Golfe et de la Ligue arabe à La Mecque, dans l'ouest du royaume saoudien, premier contact de haut niveau entre les deux pays depuis deux ans. Ryad met l'Iran en accusation lors de ces sommets.

Mais le 2 juin, le ministre qatari des Affaires étrangères émet des "réserves" sur les résultats de La Mecque, affirmant que son pays n'a "pas été consulté" pour les communiqués dont "certaines dispositions sont contraires à la politique étrangère de Doha".

Justice Info est sur Bluesky
Comme nous, vous étiez fan de Twitter mais vous êtes déçus par X ? Alors rejoignez-nous sur Bluesky et remettons les compteurs à zéro, de façon plus saine.