Depuis le début en 2011 du conflit en Syrie, le régime de Bachar al-Assad a été accusé d'atteintes aux droits de l'Homme et mis en cause pour de multiples cas de tortures, viols, exécutions sommaires et attaques chimiques.
- Dossier "César" -
En 2014, un ancien photographe de la police militaire, utilisant le pseudonyme "César", révèle des photographies de corps torturés et suppliciés dans les prisons du régime de 2011 à 2013. Il s'est enfui de Syrie en 2013, en emportant 55.000 photographies effroyables.
Il était chargé de prendre en photo les cadavres pour le ministère de la Défense, selon ses dires. "J'ai vu des photos horribles de corps de gens qui avaient subi des tortures", raconte-t-il: blessures profondes, traces de brûlure et d'étranglement, des yeux sortis de leurs orbites...
C'est son audition, incognito, devant le Congrès américain en 2014 qui est à l'origine d'une loi américaine baptisée "César", entrée en vigueur mercredi et qui impose de nouvelles sanctions au régime et ses alliés.
- Viols -
Jeudi, l'ONG ECCHR a annoncé que sept Syriens et Syriennes ont déposé plainte auprès de la justice allemande. Les plaignants ont été victimes ou témoins de torture et violences sexuelles, telles que "le viol, les électrochocs sur les parties génitales, la nudité contrainte ou même l'avortement forcé".
En 2018, une enquête de l'ONU basée sur 454 interviews a fait état de viols et violences sexuelles systématiques contre des civils, perpétrés par des soldats et des miliciens pro-régime. Les rebelles ont commis des crimes similaires mais sur une échelle "considérablement moindre", selon l'enquête.
D'après des données du réseau syrien des droits de l'Homme de 2018, des milliers de femmes ont été victimes de violences sexuelles ou de harcèlement aux mains des pro-régime, dont des centaines en prison.
- "Archipel de la torture" -
Human Rights Watch (HRW) avait dès 2012 parlé d'un "archipel de la torture": "recours à l'électricité", "agressions et humiliations sexuelles", "arrachage des ongles" et "simulacres d'exécutions".
Selon l'ONG, il existe 27 centres de détention gérés par des agences de renseignement du régime, les "moukhabarat". Outre des bases militaires, stades, écoles et hôpitaux sont utilisés aux mêmes fins.
D'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), au moins 100.000 personnes sont mortes sous la torture ou à cause des terribles conditions de détention dans les prisons du régime. Un demi-million de personnes sont passées dans ces geôles depuis 2011, d'après l'Observatoire.
- "Extermination" -
En 2016, des enquêteurs de l'ONU affirment que le grand nombre de détenus morts "suggère que le gouvernement est responsable d'actes qui relèvent de l'extermination et sont assimilables à un crime contre l'humanité".
En février 2017, Amnesty International accuse le régime d'avoir pendu quelque 13.000 personnes de 2011 à 2015 dans la seule prison de Saydnaya près de Damas. Ces pendaisons s'ajoutent aux 17.700 personnes tuées dans les geôles du régime qu'Amnesty avait déjà recensées.
Le rapport se base sur des entretiens avec 84 témoins, parmi lesquels des gardiens, des détenus et des juges. La plupart des victimes étaient des civils.
En mai 2017, les Etats-Unis accusent le régime d'avoir recours à un "crématorium" à la prison de Saydnaya, servant à détruire les restes de milliers de prisonniers tués.
- Armes chimiques -
Malgré ses démentis, le régime a été accusé de recourir aux armes chimiques.
En avril 2020, l'Organisation internationale pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a rendu un rapport officiel accusant l'armée syrienne d'attaques à l'arme chimique sur la localité de Latamné (nord) en 2017.
Le régime a également été mis en cause dans des attaques au gaz sarin sur deux bastions rebelles près de Damas (plus de 1.400 morts selon les Etats-Unis) en août 2013 et sur la ville rebelle de Khan Cheikhoun (nord-ouest, plus de 80 morts) en avril 2017. Il a été aussi accusé d'attaques présumées au gaz de chlore.
HRW avait dénoncé dès 2012 le largage par avion militaire de "bombes incendiaires" provoquant de graves brûlures. Ces armes "peuvent contenir des substances inflammables comme le napalm, la thermite ou le phosphore blanc", selon l'ONG.
L'OSDH et des militants ont dénoncé l'utilisation de "barils d'explosifs" remplis de TNT largués par avion ou hélicoptère.
