Colombie: l'ex-chef des Farc demande à Santos d'intervenir pour sauver l'accord de paix

L'ancien chef de l'ex-guérilla des Farc, Rodrigo Londoño, a demandé mardi à l'ancien président colombien et prix Nobel de la paix, Juan Manuel Santos, avec lequel il avait signé l'accord de paix en 2016, d'intervenir auprès du gouvernement pour empêcher les "massacres" d'anciens rebelles et sauver cet accord "historique".

"Aujourd'hui, pour beaucoup d'entre nous, l'accord de paix paraît plus mort que vivant", écrit Rodrigo Londoño dans une lettre ouverte adressée à l'ancien président Santos (2010-2018) et rendue publique mardi.

L'ancien chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), connu sous le nom de Timochenko pendant le conflit, et Juan Manuel Santos ont signé en 2016 un accord de paix qui a permis la démobilisation de 13.000 rebelles. L'accord avait valu cette même année au président colombien le prix Nobel de la paix.

"Président Santos, rencontrez le président Duque et ceux avec lesquels nous avons donné naissance à cet accord historique. Parlons des défis très difficiles qui existent. Unissons-nous", exhorte l'ex-chef rebelle, dernier commandant en chef de l'ancienne guérilla marxiste aujourd'hui transformée en parti politique de gauche sous le nom de Parti des Communs.

Rodrigo Londoño dénonce l'assassinat de 254 anciens rebelles qui ont signé l'accord de pais de 2016.

"Arrêtons ce massacre dès maintenant", appelle le responsable, qui invite l'ex-chef de l'Etat colombien à former un front commun avec le gouvernement du président de droite Ivan Duque pour protéger les anciens membres des Farc.

M. Londoño critique notamment l'inaction des autorités concernant la sécurité des anciens rebelles qui ont déposé les armes. De son côté, le gouvernement accuse des groupes armés financés par le narcotrafic, et notamment des groupes de dissidents de l'ex-rébellion, d'être derrière ces assassinats.

Le président Duque est un féroce critique de l'accord de paix avec les Farc. En 2018, il a fait campagne en vain pour modifier l'accord de paix, soutenu par l'ONU, afin de durcir les sanctions contre les anciens guérilleros.

Ces derniers ont accepté de se soumettre à une juridiction spéciale pour la paix (JEP), d'avouer leurs crimes et d'accorder des réparations aux victimes, en échange de la possibilité de faire de la politique en tant que parti.

Fin janvier, huit anciens chefs de l'ex-guérilla des Farc, dont Rodrigo Londoño, ont été mis en accusation pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité par cette justice de paix, pour la séquestration de plus de 21.000 personnes durant le conflit armé en Colombie.

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