Espagne: les tweets du rappeur Pablo Hasél qui l'ont conduit en prison

Hommages à des condamnés pour "terrorisme", accusations d'exactions contre la police et de corruption contre la monarchie: voici un aperçu des tweets qui ont conduit le rappeur espagnol Pablo Hasél en prison mardi, provoquant des violences condamnées vendredi par le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez.

- Références à l'ETA -

La justice espagnole a condamné l'artiste en 2018 à neuf mois de prison pour "apologie du terrorisme", et à des amendes pour "injures et calomnies" contre la police et la Couronne dans une soixantaine de tweets publiés entre 2014 et 2016.

"Les manifestations sont nécessaires mais pas suffisantes, soutenons ceux qui sont allés plus loin", avait par exemple publié le rappeur, qui se disait aussi "fier de ceux qui répondent aux agressions de la police", dans les tweets retenus par la justice.

Sur son compte alors suivi par 54.000 internautes, le rappeur rendait hommage à des activistes de plusieurs anciens groupes armés espagnols dont il dénonçait la condamnation ou la mort dans des affrontements avec la police.

Révolutionnaire et marxiste assumé, Pablo Hasél multipliait les mentions à des membres des Groupes de résistance antifasciste du 1er octobre (Grapo), accusés d'un millier d'actions violentes entre 1975 et 2003 en Espagne, dont 80 assassinats et tentatives de meurtre.

Ses hommages aux Grapo lui avaient déjà valu une condamnation à deux ans de prison en 2014 pour "apologie du terrorisme", mais il n'avait pas été incarcéré car il n'avait pas d'antécédents judiciaires.

Le chanteur mentionnait aussi des membres de l'organisation séparatiste basque ETA, responsable d'avoir tué au moins 853 personnes durant quatre décennies de violences et d'attentats.

- "Police Nazi-onale" -

Dans ses tweets, Pablo Hasél accusait régulièrement les forces de l'ordre espagnoles de tortures et d'assassinats.

Le rappeur dénonçait une "Police Nazi-onale" autant qu'il s'en moquait.

"50 policiers blessés ? Ces mercenaires de merde se mordent la langue en tabassant les gens et prétendent qu'ils sont blessés", tweetait-il en 2014.

"La Garde civile torturant ou tirant sur des migrants ? Démocratie. Les blagues sur les fascistes ? Apologie du terrorisme", s'indignait-il aussi dans un autre tweet.

- "Morts aux Bourbons" -

Autre cible privilégiée du rappeur: la monarchie espagnole.

La justice pointe dans sa condamnation le titre "Juan Carlos el bobon" ("Juan Carlos le crétin"), dans lequel il accuse la famille royale de corruption, d'inceste, souhaitant la "guillotine" pour l'une des filles de l'ex-roi.

Le rappeur a aussi écrit une chanson intitulée "Mort aux Bourbons", du nom de la dynastie royale qu'il accuse d'être l'héritière et la complice du régime franquiste (1939-1977), bien que ce titre n'ait pas été retenu par la justice.

Dans ses tweets mis en cause, il dénonce une "monarchie fasciste" et dépeint Juan Carlos et l'actuel roi Felipe VI comme des "mafieux", "des voleurs" ou des "parasites".

Le rappeur accompagne parfois ses tweets de caricatures des souverains, dénonçant notamment la proximité de Juan Carlos avec la monarchie saoudienne, qu'il accuse de crimes de guerre et de violation des droits humains.

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