Un rappel du sort des principaux protagonistes des conflits ayant déchiré l'ex-Yougoslavie dans les années 1990, parmi lesquels Radovan Karadzic, condamné à la prison à vie et qui sera transféré au Royaume-Uni pour y purger sa peine.
- Procédures en cours -
- Hashim THACI, 53 ans: ex-Premier ministre et ex-président du Kosovo (2016-2020), il fut le chef politique de l'Armée de libération du Kosovo (UCK), qui a combattu les forces serbes durant le conflit de 1998-99. Il a mené son pays à l'indépendance en 2008.
Le 24 juin 2020, les procureurs du Tribunal spécial pour le Kosovo (KSC) ont annoncé sa mise en accusation pour "crimes contre l'humanité et crimes de guerre, y compris meurtre, disparition forcée de personnes, persécution et torture".
Après cette inculpation, Hashi Thaçi a démissionné, le 5 novembre 2020. Transféré au centre de détention du tribunal spécial à La Haye, il a plaidé non coupable lors de sa première comparution, le 9 novembre.
- Ratko MLADIC, 78 ans, ancien chef militaire des Serbes de Bosnie. Condamné en première instance en novembre 2017 par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) à la détention à perpétuité pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide pour son rôle dans la guerre en Bosnie (1992-1995), qui a fait quelque 100.000 morts et 2,2 millions de déplacés. Le "Boucher des Balkans" a été arrêté en 2011 après seize années de cavale.
Son procès en appel s'est tenu en août 2020, devant le Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), qui a repris les travaux du TPIY après sa fermeture. Le jugement doit être rendu le 8 juin.
- Condamnés -
- Radovan KARADZIC, 75 ans, a été condamné en 2019 en appel par le TPI à la prison à vie pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité. En première instance, l'ex-dirigeant des Serbes de Bosnie avait été condamné en 2016 à 40 ans de prison.
Actuellement incarcéré dans le centre de détention de l'ONU à La Haye, il sera transféré au Royaume-Uni pour y purger sa peine.
La justice le juge responsable de persécutions, meurtres, viols, traitements inhumains ou transferts forcés, notamment lors du siège de près de quatre ans de Sarajevo (plus de 10.000 morts).
Arrêté en 2008 après 13 ans de clandestinité, c'est le plus haut responsable condamné par le TPIY.
- Biljana PLAVSIC, 90 ans, vice-présidente puis présidente de la République des Serbes de Bosnie. Seule femme jugée devant le TPIY, qui l'a condamnée en 2003 à onze ans de prison pour crimes de guerre. Libérée en octobre 2009.
- Vojislav SESELJ, 66 ans, dirigeant ultranationaliste serbe. En mars 2016 à la surprise générale, il a été acquitté par le TPIY de l'ensemble des accusations de nettoyage ethnique contre des Croates, des musulmans et d'autres non-Serbes. En avril 2018, en appel, il a été condamné à dix ans de prison pour crimes contre l'humanité et laissé libre, ayant déjà passé près de 12 ans en détention préventive. Ce partisan virulent de la "Grande Serbie" a depuis siégé au Parlement serbe.
- Acquitté -
- Ante GOTOVINA, 65 ans, ancien général croate. Condamné en première instance à 24 ans de prison par le TPIY pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre, il a été acquitté en appel en 2012.
- Décédés -
- Slobodan MILOSEVIC, président de la Serbie de 1990 à 2000. Décédé en 2006 à 64 ans dans le centre de détention du TPIY, où il était jugé pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre.
- Franjo TUDJMAN, président de la Croatie de 1990 à sa mort en 1999. Ce nationaliste a mené son pays à l'indépendance en 1991, qui a été suivie par un conflit déclenché par les Serbes de Croatie qui a fait environ 20.000 morts, majoritairement croates. Il aurait été inculpé de crimes de guerre s'il était resté en vie.
- Zeljko RAZNATOVIC, alias ARKAN. Chef du groupe paramilitaire serbe des "Tigres", inculpé en 1997 de crimes contre l'humanité et crimes de guerre pour des faits commis en 1995 en Bosnie. L'acte d'accusation n'a été révélé qu'après sa mort. Abattu en janvier 2000 dans le hall de l'hôtel Intercontinental de Belgrade, un assassinat non élucidé.
- Slobodan PRALJAK. Lors du dernier jugement du TPIY, le 29 novembre 2017, ce Croate de Bosnie, 72 ans, s'est suicidé en avalant du cyanure en pleine audience. Les juges venaient de confirmer sa condamnation à 20 ans de prison pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis contre des musulmans bosniaques.
