L'escalade de violences entre Palestiniens et forces de sécurité israéliennes

Israël et les Palestiniens sont engagés depuis une semaine dans l'une des plus importantes escalades de violences de ces dernières années.

- Eviction de Palestiniens -

Le 3 mai au soir, des heurts éclatent dans le quartier de Cheikh Jarrah, proche de la Vieille ville à Jérusalem-Est, en marge d'une manifestation de soutien à des familles palestiniennes menacées d'éviction au profit de colons juifs.

En début d'année, le tribunal de district de Jérusalem avait donné raison aux familles juives revendiquant des droits de propriété dans ce quartier, déclenchant des manifestations.

La question de Jérusalem est l'une des principales pommes de discorde entre Israël et les Palestiniens. L'Etat hébreu estime que toute la ville est sa capitale "indivisible", et les seconds veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

- Appels internationaux -

Le 6 mai, Paris, Berlin, Londres, Rome et Madrid demandent à Israël de mettre fin "à sa politique d'extension des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens occupés" et de cesser les expulsions à Jérusalem-Est.

Le 7, les Nations unies exhortent Israël à mettre fin à toute expulsion forcée de Palestiniens, avertissant que ses actions pourraient constituer des "crimes de guerre".

- Heurts sur l'esplanade des Mosquées -

Ce même jour, des dizaines de milliers de fidèles se réunissent dans l'enceinte de l'esplanade des Mosquées --appelée Mont du Temple par les juifs-- pour la dernière grande prière du vendredi avant la fin du mois de jeûne musulman du ramadan.

Selon la police israélienne, des Palestiniens lancent des projectiles sur les forces de sécurité qui répliquent avec des grenades assourdissantes et des balles en caoutchouc.

Le 8, de nouveaux heurts ont lieu dans d'autres secteurs de Jérusalem-Est.

Le lendemain, le secrétaire général de l'ONU exhorte Israël "à cesser les démolitions et les expulsions".

Une audience clé de la justice israélienne sur le sort des familles palestiniennes menacées d'éviction est reportée.

Le 10, quelque 520 Palestiniens et 32 policiers israéliens sont blessés dans des heurts, notamment sur l'esplanade des Mosquées. Ces accrochages coïncident avec la "Journée de Jérusalem", qui marque dans le calendrier hébraïque la conquête de Jérusalem-Est par Israël en 1967.

Au total, plus de 900 Palestiniens ont été blessés dans des heurts à Jérusalem-Est.

- Affrontements entre Israël et le Hamas -

Le 10 mai au soir, Israël mène des frappes meurtrières dans la bande de Gaza, en riposte à des salves de roquettes tirées depuis l'enclave palestinienne, aux mains du Hamas.

Le 11, le mouvement islamiste tire un barrage de roquettes vers Tel-Aviv après la destruction d'un immeuble d'une douzaine d'étages dans le centre de la ville de Gaza, dans lequel des ténors du mouvement avaient leurs bureaux.

Israël et le Hamas se dirigent vers une "guerre à grande échelle", prévient l'émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient Tor Wennesland.

Les violences s'étendent à plusieurs localités mixtes. A Lod, qui jouxte l'aéroport international Ben Gourion où les vols sont temporairement suspendus, l'état d'urgence est décrété après que la police a fait état d'émeutes par la minorité arabe.

- "Plus de 1.000 roquettes" -

Le 12, l'armée israélienne précise que "plus de 1.000 roquettes" ont été tirées de Gaza depuis lundi soir.

Au total, les frappes israéliennes sur l'enclave ont fait 56 morts, dont 14 enfants. Des commandants du Hamas et du Jihad islamique ont notamment péri dans ces frappes. Il y a également eu trois morts en Cisjordanie dans des incidents distincts avec l'armée.

Celle-ci annonce la mort d'un soldat, le premier dans cette nouvelle flambée de violences, dans un tir du Hamas. Son décès porte à six le nombre de personnes tuées en Israël.

Le Conseil de sécurité de l'ONU tient une seconde réunion d'urgence, sans de nouveau s'entendre sur une déclaration en raison d'une opposition persistante des Etats-Unis.

L'Union européenne appelle à "l'arrêt immédiat" des violences pour "éviter un conflit plus large".

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken appelle Israël à faire "tout son possible pour éviter les victimes civiles". Il annonce l'envoi d'un émissaire pour exhorter Israéliens et Palestiniens à la "désescalade".

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