L'homme de 24 ans soupçonné d'avoir agressé et proféré des injures racistes dimanche envers un livreur noir devant un restaurant de Cergy-Pontoise (Val-d'Oise) sera jugé le 8 juillet, a annoncé jeudi le tribunal de Pontoise.
En veste et T-shirt de sport sombres, ce cariste intérimaire au casier judiciaire déjà bien rempli a été traduit dans l'après-midi en comparution immédiate devant la justice mais a sollicité un délai pour préparer sa défense.
Agacé par "l'ampleur" prise par cette affaire, qui a donné lieu à une chasse à l'homme sur les réseaux sociaux, le prévenu s'est montré dans le box passablement agité, au point d'être renvoyé plusieurs minutes au dépôt par la présidente pour le "calmer".
"Je ne mérite pas de me faire juger dehors chez BFMTV, chez Cyril Hanouna", s'est emporté le jeune homme, arrêté à Paris deux jours après les faits. Il se défend d'avoir attaqué le livreur par racisme. Suite à la diffusion de la vidéo, il avait été traqué par des internautes cherchant à se venger et qui ont diffusé son nom et son adresse sur les réseaux sociaux.
Dans l'attente du procès, le tribunal a délivré un mandat de dépôt et l'a placé à l'isolement, son avocat s'alarmant d'un "contrat sur sa tête".
Dimanche soir, un livreur noir à vélo a été agressé alors qu'il récupérait une commande au "Brasco", un établissement de restauration rapide.
L'agresseur s'est "jeté sur lui violemment et l'a frappé et a proféré des injures racistes. La violence était tellement inouïe que mon client a eu l'impression que c'était terminé pour lui", a expliqué Me Mehana Mouhou, l'avocat du livreur.
Témoin de l'altercation, une femme a filmé depuis sa fenêtre le suspect, qui l'a alors prise à partie.
Dans des vidéos largement partagées sur les réseaux sociaux, on l'entend proférer des insultes racistes à l'encontre de celle-ci, notamment: "Espèce de négresse, espèce de sale noire (...) Pendant 800 ans, on vous a vendus comme du bétail".
Déjà plusieurs fois condamné pour violences ou trafic de stupéfiants, le prévenu est renvoyé devant le tribunal correctionnel pour "violences volontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à huit jours, à raison de l'appartenance à une ethnie, nation, race ou religion" sur le livreur.
Pour la voisine, il sera jugé pour "injure publique à raison de l'ethnie, nation, race ou religion et d'apologie de crime contre l'humanité (crime de réduction en esclavage)", a indiqué dans un communiqué le procureur de Pontoise Eric Corbaux.
