Un procureur péruvien chargé de la lutte contre la corruption a réclamé jeudi le placement en détention provisoire de la candidate à l'élection présidentielle, Keiko Fujimori, dans une affaire de financement illicite de ses campagnes présidentielles passées pour laquelle elle a déjà effectué 16 mois de prison.
Le procureur José Domingo Pérez a demandé que la liberté conditionnelle dont jouit la candidate de la droite populiste soit "révoquée" et a demandé "à nouveau une détention préventive" à son encontre pour avoir rencontré un témoin dans l'affaire de corruption Odebrecht.
"Une fois de plus que l'accusée ne respecte pas les restrictions de communication avec les témoins puisqu'il a été constaté comme un fait public et notoire qu'elle communique avec le témoin Miguel Torres Morales", a argumenté le procureur, dont la demande doit être tranchée par un juge anti-corruption.
Mme Fujimori a pu se présenter à l'élection bien qu'elle fasse l'objet d'une enquête sur de présumés pots-de-vin reçus de la société de construction brésilienne Odebrecht pendant ses campagnes de 2011 et 2016, accusations qu'elle nie.
Devancée par son rival de la gauche radicale, Pedro Castillo, la victoire, et l'immunité présidentielle, semble difficilement atteignable pour Mme Fujimori qui accuse un retard de 72.000 voix alors que 99,9 % des bulletins ont été dépouillés.
M. Castillo est crédité de 50,2% des suffrages mais Mme Fujimori a réclamé mercredi le recompte de quelque 200.000 bulletins de vote.
Au terme de 28 mois d'enquête, le procureur José Domingo Pérez a inculpé 41 autres personnes dans cette affaire pour des délits présumés de "crime organisé, blanchiment d'argent, entrave à la justice, fausse déclaration".
Début mars, 30 ans de prison ont été requis contre Keiko Fujimori par le parquet et 22 ans contre son mari, Mark Vito Villanella.
En mai, pour éviter un "risque de fuite", un juge avait refusé à la fille de l'ex-président Alberto Fujimori (1990-2000) -- qui purge, lui, une peine de 25 ans de prison pour corruption et crimes contre l'humanité -- l'autorisation de se rendre en Equateur.
