Le nouveau haut représentant international en Bosnie, Christian Schmidt, a déclaré mercredi qu'il entendait utiliser ses "outils politiques" pour doter ce pays divisé d'un Etat plus fonctionnel.
"Nous voulons aider la Bosnie-Herzégovine à devenir, permettez-moi de dire, un pays normal, un partenaire fiable dans la communauté des États, et l'aider sur la voie de l'intégration européenne", a déclaré M. Schmidt en conférence de presse, deux jours après la prise de fonction.
Une mission qui ne sera "pas facile du tout", mais qui est "gérable", a-t-il assuré.
Depuis la fin de la guerre intercommunautaire (1992-1995), la Bosnie est divisée en deux entités autonomes, une serbe et l'autre croato-musulmane, reliées par de faibles institutions centrales.
Dans un millefeuille institutionnel, l'autorité est souvent disputée par différents niveaux de pouvoir, avec les Serbes qui défendent leur autonomie et les Bosniaques (musulmans) qui plaident pour le renforcement de l'Etat central.
Ces différends donnent souvent lieu aux blocages.
L'homme politique allemand est arrivé en Bosnie dans un contexte délicat, quelques jours après l'interdiction par son prédécesseur autrichien Valentin Inzko du déni du génocide et des crimes de guerre, dans ce pays où le conflit des années 1990 reste très présent dans les esprits et dans l'arène politique.
Le haut représentant est doté de pouvoirs lui permettant d'imposer des lois et de limoger des élus.
La décision prise par M. Inzko le 23 juillet a provoqué l'ire des Serbes de Bosnie qui boycottent depuis les institutions centrales.
Par ailleurs, ils ne reconnaissent par la légitimité de Christian Schmidt car, selon eux, tout comme pour la Russie et la Chine, sa nomination par le comité directeur du Conseil de la mise en oeuvre de la paix, indépendant de l'ONU, n'a pas été approuvée par le Conseil de sécurité.
Le membre serbe de la présidence collégiale bosnienne, Milorad Dodik, a refusé mardi de rencontrer M. Schmidt, qui s'est entretenu avec ses collègues bosniaque et croate.
"L'accord de paix de Dayton (Etats-Unis) constitue une base juridique indiscutable pour ma position", a affirmé mercredi le Haut représentant.
"Il est très clair que la Bosnie-Herzégovine ne deviendra pas un État centralisé, mais sa fonctionnalité doit être améliorée avec l'aide de tous. L'État, comme dans tant d'autres pays, doit devenir l'élément unificateur", a-t-il dit, en ajoutant que l'Accord de paix de Dayton lui proférait des "outils politiques".
Il s'est félicité de l'appui des puissances occidentales pour mener à bien son projet.
"Permettez-moi de faire référence aux États-Unis. D'une certaine manière, on pourrait dire : ils sont de nouveau emballés" dans les Balkans occidentaux, a déclaré M. Schmidt.
