Le prix Rafto à des statisticiens au service des droits humains

Le prix Rafto a couronné jeudi le Groupe d'analyse des données de droits humains (HRDAG), une ONG scientifique qui facilite les enquêtes sur les violations des droits humains grâce au recours aux statistiques.

"Le HRDAG met les statistiques et la science des données au service de la découverte des violations des droits humains à grande échelle qui autrement passeraient inaperçues", a fait valoir la Fondation Rafto.

"Cette nouvelle approche a contribué à faire traduire en justice les auteurs de crimes et permis aux victimes et à leurs familles de tourner la page", a souligné la fondation norvégienne.

Fondé en 1991 par l'Américain Patrick Ball, le HRDAG rassemble un petit groupe d'experts en informatique, en développement de logiciels, en statistiques et en démographie, incarnant "une nouvelle génération de défenseurs des droits humains".

Après avoir fait ses débuts au Salvador où ses données documentant les violations de droits obligent une centaine d'officiers militaires à démissionner, le HRDAG a poursuivi son oeuvre du Tchad au Sri Lanka en passant par le Kosovo et les bavures policières aux Etats-Unis.

En collaboration avec Amnesty International, le HRDAG a par exemple documenté que 25% des morts dans les prisons syriennes n'étaient pas officialisées.

Sur son site internet, le HRDAG dit être convaincu que "la vérité est gage de responsabilité" après des massacres, des génocides, des faits de nettoyage ethnique ou de tortures, ou encore de crimes extra-judiciaires et disparitions forcées.

"Nous savons que notre travail d'analyse de données n'est qu'une des nombreuses approches des droits humains pour enquêter sur la vérité", souligne-t-il.

"Alors que nos partenaires s'engagent dans une gamme d'approches des droits humains allant de la télédétection par satellite à l'anthropologie médico-légale et à l'interprétation qualitative des récits des victimes, notre travail - l'analyse des données - est une pièce précieuse de ce puzzle", estime-t-il.

Ses travaux ont notamment servi à des commissions de vérité, des tribunaux pénaux internationaux, des organisations non gouvernementales des droits humains et à des missions de l'ONU.

"Ce prix est un signal fort adressé aux auteurs de violations des droits humains, qu'ils soient étatiques ou non. Le message est le suivant: les violations des droits humains ne passeront pas inaperçues", a encore indiqué la Fondation Rafto.

Le prix Rafto, doté de 20.000 dollars (17.000 euros), doit être formellement remis à Bergen (ouest de la Norvège) le 14 novembre.

Portant le nom de l'historien et militant des droits humains norvégien Thorolf Rafto, le prix compte parmi ses anciens lauréats quatre personnalités (Aung San Suu Kyi, José Ramos-Horta, Kim Dae-Jung et Shirin Ebadi) qui ont ensuite remporté le prix Nobel de la paix, également décerné en Norvège.

Le nom du vainqueur du prix Nobel de la paix sera quant à lui annoncé le 8 octobre à Oslo.

Justice Info est sur Bluesky
Comme nous, vous étiez fan de Twitter mais vous êtes déçus par X ? Alors rejoignez-nous sur Bluesky et remettons les compteurs à zéro, de façon plus saine.