Exécutions de masse en Iran en 1988: des témoins interrogés en Albanie

La justice suédoise a commencé mercredi à interroger en Albanie des témoins dans le procès d'un ancien responsable iranien Hamid Noury, accusé d'être impliqué dans des exécutions de masse d'opposants ordonnées par l'ayatollah Khomeini en 1988, a constaté l'AFP.

Ces témoins vivent dans une cité que l'Organisation des moudjahidines du peuple d'Iran (OMPI, ou MEK en persan), un mouvement interdit depuis 1981 en Iran, a fait construire à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Tirana.

C'est la première fois qu'un Iranien est jugé pour ces exécutions.

Un premier témoin a été entendu par les procureurs suédois dans un tribunal à Durrës (ouest) qui a été mis à la disposition de la justice suédoise jusqu'au 18 novembre.

Noury, 60 ans, est jugé depuis août par un tribunal de Stockholm notamment pour "crimes de guerre" et "meurtres", en vertu de la compétence universelle de la justice suédoise pour ces chefs d'inculpation.

Il a été arrêté en novembre 2019 à l'aéroport de Stockholm à l'occasion d'une visite en Suède et se trouve depuis en détention provisoire.

Les procureurs suédois entendront les dépositions de sept témoins "qui ne peuvent pas se rendre en Suède", avait expliqué lundi à l'AFP Anna Wester, greffière du tribunal.

Selon le parquet suédois, entre le 30 juillet et le 16 août 1988, Hamid Noury a "intentionnellement ôté la vie à un très grand nombre de prisonniers sympathisants ou appartenant aux Moudjahidines du peuple".

Ces derniers étaient visés par un ordre d'exécution de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la République islamique d'Iran, après les attaques commises par le mouvement contre le régime à la fin de la guerre Iran-Irak (1980-88).

Il a raconté avoir été arrêté en 1981 pour avoir soutenu l'OMPI alors qu'il travaillait dans une prison au nord de l'Iran à l'époque des exécutions.

Mohammad Zand "a vu l'accusé Hamid Noury à de nombreuses reprises et il a vu Hamid Noury amener des personnes qui allaient être exécutées", a déclaré aux journalistes son avocat Kenneth Lewis.

L'Albanie a accueilli sur son sol le plus grand regroupement d'exilés de l'OMPI au monde, à savoir quelque 2.800 personnes.

Les premiers y sont arrivés en 2013, à la demande des Etats-Unis et de l'ONU, après des bombardements sur leur camp en Irak.

Les groupes de défense des droits humains estiment que 5.000 prisonniers ont été exécutés.

Hamid Noury "nie toute accusation d'implication dans les exécutions présumées de 1988", selon son avocat. Il doit témoigner à Stockholm à partir du 23 novembre.

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