Ukraine: l'UE discute "en urgence" de nouvelles sanctions contre Moscou

L'Union européenne discute en "urgence" de nouvelles sanctions contre Moscou, réclamées notamment par Paris et Berlin, après la découverte d'un grand nombre de corps dans la région de Kiev, a indiqué lundi le haut représentant de l'UE Josep Borrell.

"Il y a un travail intense en cours sur les sanctions avec l'espoir de faire adopter un nouveau paquet mercredi ou jeudi" au cours d'une réunion des ambassadeurs des Etats membres à Bruxelles, a confié un diplomate européen.

L'unanimité des Vingt-Sept est nécessaire pour l'adoption de nouvelles mesures. Si un consensus est trouvé au cours de la réunion des ambassadeurs, il devra ensuite être validé par les capitales.

Une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE est programmée le lundi 11 avril à Luxembourg et un sommet européen extraordinaire consacré au conflit en Ukraine, à la situation économique et à la Défense européenne est prévu "fin mai-début juin", ont indiqué les services de Josep Borrell.

Le président français Emmanuel Macron a évoqué lundi des sanctions individuelles et des mesures sur "le charbon et le pétrole", mais il n'a pas mentionné les achats de gaz, sujet de division entre les Européens. L'Allemagne et l'Autriche ont exclu lundi des sanctions contre le secteur gazier russe.

"Depuis le début, le Président utilise tous les instruments disponibles pour que le Président Poutine cesse la guerre: sanctions massives, soutien à l'Ukraine, exigences présentées directement au Président Poutine lors de leurs appels. Il est important que Poutine sache nos exigences et ce qu'il en coûte de ne pas y répondre", a expliqué lundi l'Elysée.

"Notre détermination est totale à sanctionner les exactions de cette guerre (...) Nous sommes pour un nouveau train de sanctions comprenant l'embargo sur le pétrole et le charbon. Cela se décide au niveau européen et sera discuté à Bruxelles lors du Coreper (Comité des représentants permanents) de mercredi", a précisé l'Elysée.

L'annonce a lancé la rumeur d'une réunion extraordinaire des dirigeants européens mercredi, démentie à Bruxelles.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé les forces russes d'avoir tué des civils à Boutcha, mais le Kremlin a démenti toute responsabilité et affirmé que les images avaient été fabriquées par Kiev.

Dénonçant des "crimes de guerre", le chancelier allemand Olaf Scholz avait réclamé dès dimanche de nouvelles sanctions européennes.

Mais Berlin exclut toujours de frapper le secteur gazier russe. "Nous devons envisager de dures sanctions, mais à court terme, les livraisons de gaz russe ne sont pas substituables" et les interrompre "nous nuirait plus qu'à la Russie", a déclaré lundi le ministre allemand des Finances, Christian Lindner, avant une réunion avec ses homologues de l'UE à Luxembourg.

Interrogé sur la possibilité de sanctions sur le charbon et le pétrole, M. Lindner a botté en touche. "Pas de spéculations de ma part", a-t-il répondu.

"L'Autriche n'est pas en faveur de sanctions sur le gaz. Nous sommes très dépendants du gaz russe en Autriche. Les sanctions ne doivent pas nous affecter plus que la Russie", a abondé le ministre autrichien des Finances, Magnus Brunner.

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a appelé lundi à la création d'une commission d'enquête internationale sur "le génocide" commis selon lui par l'armée russe dans des villes ukrainiennes, dont Boutcha. Une proposition qui pourrait également être discutée mercredi.

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