Plus d'un mois et demi après le début de l'invasion russe en Ukraine le 24 février, le conflit semble s'enliser dans l'attente offensive russe, à l'instar des négociations entre Kiev et Moscou. Les bombardements et combats, eux, continuent à être meurtriers.
S'il reste difficile d'établir un bilan des pertes civiles et militaires, voici ce qui a été dit par l'ONU, mais aussi les autorités russes et ukrainiennes, concernant le bilan humain de cette guerre.
- Victimes civiles -
Les chiffres fournis par les Nations unies sont, comme dans d'autres conflits autour du monde, pris comme référence pour les victimes civiles de la guerre en Ukraine.
L'ONU a dénombré mardi "4.450 victimes civiles dans le pays: 1.892 morts et 2.558 blessés" depuis le 24 février, assurant néanmoins "croire que les chiffres réels sont bien plus élevés".
Les Nations unies ont souligné la difficulté de faire remonter des informations depuis le terrain et de vérifier les bilans déjà établis. En conséquence, l'organisation a annoncé vouloir changer de méthodologie.
Les prochains bilans fournis par l'ONU refléteront "une estimation réaliste du nombre réel de victimes du conflit", a déclaré la semaine dernière Uladzimir Shcherbau, à la tête d'une mission onusienne chargée d'établir le nombre de victimes civiles en Ukraine.
- Pertes militaires -
Si l'ONU est la référence pour le nombre de victimes civiles, l'organisation internationale ne communique pas sur les pertes militaires.
Les ministères de la Défense ukrainien et russe donnent régulièrement le nombre de soldats ennemis tués, sans que celui-ci ne puisse être vérifié de source indépendante par l'AFP.
Kiev a ainsi indiqué mardi avoir tué 19.600 soldats russes depuis le début de l'invasion. Moscou pour sa part a affirmé le 25 mars avoir tué 14.000 soldats ukrainiens en un mois.
Concernant leurs propres pertes militaires, les deux pays sont plus discrets.
Après avoir longtemps gardé le silence à ce sujet, la Russie a dit le 25 mars avoir perdu 1.351 soldats depuis le début de la guerre.
"Des pertes militaires importantes" et une "immense tragédie", selon les mots du porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, lors d'un entretien le 7 avril avec la chaîne de télévision britannique Sky News.
L'Ukraine de son côté admet perdre des soldats dans les combats, mais n'a pas publié de chiffre précis.
- "Massacres" près de Kiev -
Après l'annonce par le Kremlin du retrait de ses forces de la région de Kiev -- pour les concentrer dans l'est du pays --, les Ukrainiens ont repris le contrôle de la totalité des villes-clés situées près de la capitale.
Toutes ont été dévastées par les combats. Des scènes de "massacre" y ont eu lieu, assurent les autorités ukrainiennes qui accusent Moscou de "crimes de guerre". La Russie dénonce, elle, une "mise en scène" orchestrée par les Ukrainiens et destinée à lui nuire.
Au total, 720 corps ont été retrouvés sans vie dans la région de Kiev, a affirmé mardi la police ukrainienne.
A Boutcha, au nord-ouest de Kiev, des centaines de corps, certains avec les mains liées dans le dos, ont été découverts. Les images d'une rue où gisaient vingt cadavres, vus par l'AFP, ont fait le tour du monde. Ces affirmations ont été qualifiées de "fake" par le président russe Vladimir Poutine.
Mais les autorités ukrainiennes disent constater des scènes similaires dans d'autres villes dont elles ont repris le contrôle.
Hors de la région de Kiev, à Tcherniguiv, près de la frontière bélarusse, plus de 700 personnes ont été tuées depuis le début des hostilités.
A Severodonetsk (est), les autorités ont signalé que 400 civils avaient été enterrés depuis le début de la guerre.
Les opérations de déminage et la reprise d'autres villes par l'armée ukrainienne pourraient faire encore grimper ce bilan provisoire.
- Marioupol -
C'est à Marioupol, grande ville du sud-est de l'Ukraine, assiégée depuis des semaines par l'armée russe, que les pertes humaines pourraient être les plus lourdes.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé lundi la Russie d'être responsable de la mort de "dizaines de milliers" de personnes dans ce port stratégique de la mer d'Azov.
Le gouverneur ukrainien de la région de Donetsk, Pavlo Kirilenko, a estimé quant à lui à 20 ou 22.000 morts le nombre de victimes à Marioupol où les combats se poursuivent.
Début mars, les autorités ukrainiennes évoquaient déjà au moins 5.000 morts.
Treize crématoriums mobiles sont utilisés par les forces russes qui "enlèvent des rues les corps des civils" à Marioupol, a affirmé jeudi Lioudmila Denisova, chargée des droits humains auprès du Parlement ukrainien. Il s'agit selon elle, de fausser le bilan total des victimes civiles.
