Guerre en Ukraine: la situation sur le terrain au 78e jour

L'offensive russe dans l'est de l'Ukraine marquait le pas jeudi tandis que la contre-attaque ukrainienne au nord-est de Kharkiv gagnait encore du terrain, mais le conflit pèse sur l'approvisionnement de gaz russe en Europe, avec une baisse significative du transit.

Voici un point de la situation au 78e jour de la guerre à partir d'informations des journalistes de l'AFP sur place, de déclarations officielles ukrainiennes et russes, de sources occidentales, d'analystes et d'organisations internationales.

"Les forces russes n'ont effectué d'avancée significative nulle part en Ukraine le 11 mai et les forces ukrainiennes ont continué à gagner du terrain au nord-est de Kharkiv", résume l'Institut américain d'étude de la guerre (ISW).

"Le retrait des forces russes de la région de Kharkiv est une reconnaissance tacite de l'incapacité de la Russie à prendre des villes ukrainiennes clé où elle s'attend à une résistance limitée de la population", estime le ministère britannique de la Défense.

- Poussée ukrainienne dans le Nord -

Une frappe aérienne russe sur la ville de Novgorod-Siverskiï, dans le nord-est de l'Ukraine, a fait au moins trois morts et douze blessés dans la nuit de mercredi à jeudi, ont annoncé jeudi les services de secours locaux à l'AFP.

Le gouverneur de la région russe de Belgorod, voisine de l'Ukraine, au nord-est de Kharkiv, a affirmé mercredi --citant un bilan du ministère de la Santé régional-- que des bombardements en provenance d'Ukraine avaient fait un mort et six blessés.

"La contre-offensive ukrainienne au nord de Kharkiv a mis les troupes russes sur la défensive et allégé la pression de l'artillerie" sur la deuxième ville d'Ukraine, souligne l'ISW.

L'Ukraine a ainsi "repris plusieurs villes et villages vers la frontière russe", indique le ministère britannique de la Défense.

"La priorité accordée par la Russie aux opérations dans le Donbass a laissé ses éléments déployés dans la région de Kharkiv vulnérables à la force de contre-attaque ukrainienne mobile et hautement motivée", explique-t-il.

- L'offensive russe dans l'Est piétine -

Dans le bassin houiller du Donbass, les forces russes progressent très lentement. Les villes jumelles de Severodonetsk et Lyssytchansk, dans la région de Lougansk, sont assiégées, ont constaté des journalistes de l'AFP mercredi.

"Les forces russes ont poursuivi leurs tentatives d'encercler les positions ukrainiennes dans la zone de Severodonetsk-Roubijné-Lyssytchansk mais n'ont pas réalisé d'avancées confirmées", selon l'ISW, qui qualifie les opérations russes dans les régions de Lougansk et de Donetsk de "bloquées".

Les combats dans ce secteur impactent l'acheminement de gaz russe via l'Ukraine : quelque 50,6 millions de m3 doivent transiter jeudi via la station de Soudja jeudi contre 72 millions la veille, selon le géant russe Gazprom, soit une chute de près de 30% après une diminution de 18% enregistrée mercredi.

L'Ukraine dit ne peut plus pouvoir garantir les livraisons via les installations de Sokhranivka dans la région de Lougansk, en raison de la présence militaire russe, et a demandé à Gazprom d'accroître les volumes sur un autre site, Soudja. Mais la Russie affirme que le transit peut toujours se faire via Sokhranivka, et que réorienter le flot vers Soudja est impossible.

- Stagnation sur le front Sud -

Les derniers combattants ukrainiens, au nombre d'un millier, dont beaucoup de blessés, selon Kiev, étaient toujours retranchés dans les entrailles de l'aciérie Azovstal, à Marioupol, ultime poche de résistance dans ce port stratégique sur la mer d'Azov désormais contrôlé par les troupes russes.

Plus à l'ouest, les troupes russes frappent "sans merci" la région de Mykolaïv, ultime verrou avant Odessa, le grand port ukrainien sur la mer Noire, a affirmé le commandement militaire ukrainien pour le Sud.

"Les forces russes tentent de consolider leurs positions dans l'ouest de la région de Kherson afin de pousser vers celle de Mykolaïv", indique l'ISW.

- Dizaines de milliers de morts -

Il n'existe aucun bilan global des victimes civiles du conflit. Rien qu'à Marioupol, les autorités ukrainiennes ont parlé il y a plusieurs semaines de 20.000 morts. Et les enquêteurs ukrainiens affirment avoir identifié "plus de 8.000 cas" présumés de crimes de guerre.

Sur le plan militaire, le ministère ukrainien de la Défense évalue les pertes russes à plus de 26.000 hommes, 199 avions et près de 1.200 chars depuis le début de l'invasion le 24 février.

Le Kremlin a admis des "pertes importantes". Des sources occidentales évoquent jusqu'à 12.000 soldats russes tués.

Le président Zelensky a déclaré qu'environ 2.500 à 3.000 soldats ukrainiens avaient été tués et quelque 10.000 blessés.

Aucune statistique indépendante n'est disponible.

- Un tiers des Ukrainiens déplacés ou réfugiés -

Plus de 8 millions d'Ukrainiens étaient déplacés à l'intérieur du pays, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR). S'y ajoutent quelque 5,6 millions qui ont fui à l'étranger.

Justice Info est sur Bluesky
Comme nous, vous étiez fan de Twitter mais vous êtes déçus par X ? Alors rejoignez-nous sur Bluesky et remettons les compteurs à zéro, de façon plus saine.