Le Burundi depuis la crise politique de 2015

Le Burundi, où le président Évariste Ndayishimiye a nommé un nouveau Premier ministre sur fond d'accusations de tentative de putsch, traverse une nouvelle crise politique après celle de 2015, marquée par des violences meurtrières.

- Manifestations -

Le 26 avril 2015, des milliers de personnes bravent l'interdiction de manifester au lendemain de la désignation de Pierre Nkurunziza par son parti, le CNDD-FDD, comme candidat à la présidentielle, après dix ans de pouvoir. Commencent six semaines de manifestations à Bujumbura, sévèrement réprimées.

L'opposition juge ce 3e mandat contraire à la Constitution et à l'accord d'Arusha ayant mis fin à la guerre civile entre les communautés Hutu et Tutsi (300.000 morts entre 1993 et 2006).

- Putsch avorté, reprise en main -

Le 13 mai 2015, une tentative de putsch contre Nkurunziza échoue.

En juin, le président de l'Assemblée nationale fait défection à la veille de législatives boycottées par l'opposition. Son départ s'ajoute à une longue liste d'opposants, journalistes, membres de la société civile ou cadres frondeurs du CNDD-FDD exilés.

Pierre Nkurunziza, ancien chef rebelle hutu, est réélu le 21 juillet.

- Attaques ciblées -

Une série d'attaques ciblées, suivies de représailles, débute.

Le 2 août, le général Adolphe Nshimirimana, bras droit du président, est tué dans une attaque à la roquette. Le 15, le colonel Jean Bikomagu, figure du camp tutsi pendant la guerre civile, est assassiné.

Le 11 décembre, au moins 87 personnes sont tuées dans des attaques coordonnées de plusieurs camps militaires, entraînant des exécutions sommaires en retour.

En avril 2016, le général tutsi Athanase Kararuza et son épouse sont tués.

- Risque de "génocide" -

En juillet 2016, l'ONU autorise le déploiement de 228 policiers. Bujumbura refuse.

En septembre, une mission d'enquête de l'ONU accuse le gouvernement de graves violations des droits humains, pointant un "grand danger de génocide". Au moins 1.200 personnes ont été tuées depuis le début de la crise.

Fin octobre, le Burundi décide de quitter la Cour pénale internationale (CPI).

Le 30 décembre, Pierre Nkurunziza annonce qu'il pourrait se représenter en 2020.

Début 2017, Human Rights Watch (HRW) accuse des membres des Imbonerakure, la ligue des jeunes du parti au pouvoir, d'avoir tué, torturé ou molesté des dizaines de personnes.

- Enquête de la CPI -

Le 29 septembre 2017, l'ONU prolonge d'un an le mandat d'une commission d'enquête.

Le 9 novembre, la CPI autorise une enquête sur des crimes contre l'humanité présumés.

- Répression accrue -

Le 17 mai 2018, les Burundais approuvent par référendum une réforme constitutionnelle autorisant le président à rester jusqu'en 2034, après une campagne électorale marquée par une répression accrue selon HRW.

Le 7 juin 2018, Pierre Nkurunziza renonce à se représenter. Le 5 septembre, des enquêteurs de l'ONU avertissent que des crimes contre l'humanité perdurent.

- Nouveau président -

Le 20 mai 2020, le candidat du parti au pouvoir, Évariste Ndayishimiye, est élu président avec 68,72% des voix, une "mascarade électorale" selon son principal adversaire, Agathon Rwasa.

Le 8 juin, Pierre Nkurunziza décède à l'âge de 55 ans, officiellement des suites d'un "arrêt cardiaque".

Le nouveau président est investi le 18 juin.

- Des "durs" au pouvoir -

Le 23 juin, Alain-Guillaume Bunyoni, considéré comme le chef de file des durs parmi les généraux qui contrôlent le pouvoir, est nommé Premier ministre.

Le 25 janvier 2021, un "dur" du régime, Révérien Ndikuriyo, est élu à la tête du CNDD-FDD.

- Attaques rebelles -

En septembre, le groupe rebelle RED-Tabara revendique une attaque contre l'aéroport international de Bujumbura.

Le 8 octobre, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU crée un poste de rapporteur spécial au Burundi, où la situation reste "désastreuse" selon une commission d'enquête de l'ONU.

- Levée des sanctions -

En novembre, les Etats-Unis lèvent les sanctions imposées en 2015, saluant une embellie depuis l'élection de Ndayishimiye. L'Union européenne suit début février 2022 et annonce la reprise de son soutien budgétaire au gouvernement.

Le 11 mai, le président Ndayishimiye se dit prêt à "dialoguer" avec les groupes rebelles notamment le RED-Tabara et les Forces nationales de libération (FNL).

Le 7 septembre, il limoge son Premier ministre, remplacé par le ministre de l'Intérieur Gervais Ndirakobuca, après avoir dénoncé quelques jours plus tôt des velléités de "coup d'Etat".

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