La Cour pénale internationale (CPI) et Eurojust ont publié mercredi des directives destinées à aider la société civile à documenter et conserver des preuves d'atrocités, notamment les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité, en particulier en Ukraine.
"Avec la guerre en Ukraine (...) la responsabilité pour les crimes internationaux fondamentaux et les violations des droits de l'homme est plus que jamais essentielle pour la justice pénale internationale", a déclaré le président d'Eurojust, Ladislav Hamran.
"Ces directives constitueront une pierre angulaire des efforts des autorités et des organisations de la société civile pour collecter et préserver les informations et les preuves qui pourraient devenir recevables devant les tribunaux", a-t-il ajouté, cité dans un communiqué.
La publication explique notamment la manière de recueillir les déclarations de témoins, d'approcher des personnes vulnérables et de conserver des preuves afin qu'elles puissent être utilisées ultérieurement par les procureurs de la CPI.
Des conseils sur la façon de photographier les gens et le traitement des preuves matérielles à présenter dans les affaires judiciaires sont également dispensés.
"Les organisations de la société civile sont des partenaires essentiels dans notre objectif commun" que les responsables des crimes rendent des comptes, a déclaré le procureur de la CPI Karim Khan.
"A travers cette publication, nous cherchons également à souligner comment nous pouvons travailler ensemble plus efficacement pour protéger les plus vulnérables lorsque nous nous engageons dans des efforts de documentation", a-t-il poursuivi dans le communiqué.
L'agence judiciaire européenne et la CPI, créée il y a vingt ans pour juger les pires atrocités commises à travers le monde, siègent à La Haye.
La CPI enquête depuis le 3 mars 2022 sur la situation en Ukraine, après son invasion par la Russie lancée le 24 février.
M. Khan a rejoint en avril l'équipe commune d'enquête européenne sur les crimes internationaux présumés commis en Ukraine mise en place en mars par la Lituanie, la Pologne et l'Ukraine avec le soutien d'Eurojust.
