Des survivants du régime khmer rouge, qui a tué deux millions de personnes entre 1975 et 1979, sont "contents" de la condamnation en appel de l'ex-dirigeant Khieu Samphan à la prison à perpétuité, jeudi à Phnom Penh, qui leur "rend justice".
"Je suis content, je suis heureux que cela permette d'éviter les dictatures et les génocides dans le futur. C'est une bonne nouvelle pour le Cambodge", a réagi auprès de l'AFP Ly Sos, 63 ans, une victime issue de la communauté musulmane cham.
"C'est la bonne décision. Le régime de Pol Pot a fait de mauvaises choses et a tué des gens", renchérit Lim Ching, qui a perdu plus de 20 proches, dont sa mère, durant la terreur.
"Je suis heureux, le jugement est raisonnable, cela me rend justice", pour Chum Mey, 91 ans, un survivant de la funeste prison S21 de Phnom Penh, où environ 18.000 personnes ont été tuées.
D'autres victimes espéraient un jugement différent: "les victimes peuvent accepter ce verdict partiellement, ce n'est pas assez fort", selon Bou Meng, rescapé de S21.
"Je ressens du soulagement, bien que nous n'ayons pas eu de compensation", a expliqué Eam Mary, 57 ans, qui a perdu cinq membres de sa famille.
Les textes du tribunal spécial parrainé par les Nations unies empêchent la Cour de prononcer la peine de mort ou des réparations financières aux victimes.
Les magistrats ont confirmé en appel la prison à perpétuité - la sanction la plus sévère - pour l'ancien chef d'Etat Khieu Samphan, impliqué notamment dans le génocide contre les Vietnamiens et des crimes contre l'humanité.
Il s'agit de la dernière décision pour ce tribunal hybride qui aura condamné trois dignitaires khmers rouges durant sa mission de 16 ans, sans dissiper toutes les controverses, sur son budget (330 M USD) ou son efficacité.
"L'échelle de ces crimes était très vaste. Devant de tels crimes, aucun tribunal ne peut apporter une justice totale pour toutes les victimes, ou poursuivre tous les responsables", a réagi Fergal Gaylor, co-procureur international de la Cour.
"Ce tribunal a apporté une grande contribution à l'effort mondial pour combattre l'impunité face aux atrocités de masse. Il a renforcé le respect de l'Etat de droit au Cambodge, et a aidé à cicatriser les blessures du passé, permettant aux personnes de ce pays de se tourner vers le futur", a-t-il poursuivi.
