La Cour pénale internationale (CPI) et l'Ukraine ont signé jeudi un accord sur la création d'un bureau de pays, a annoncé la juridiction qui a émis la semaine dernière un mandat d'arrêt contre le président russe Vladimir Poutine.
"Ce n'est qu'un début, un bon début", a déclaré le procureur général ukrainien Andriy Kostin à propos de l'accord qu'il a signé au nom de l'Ukraine à La Haye, où siège la cour.
"Je suis convaincu que nous ne nous arrêterons pas tant que tous les auteurs de crimes internationaux commis en Ukraine ne seront pas traduits en justice", a-t-il ajouté, cité dans un communiqué.
Et ce "indépendamment de leur position politique ou militaire", a-t-il poursuivi, après avoir salué la décision "historique" de la CPI de délivrer un mandat d'arrêt contre Vladimir Poutine pour le crime de guerre de "déportation" d'enfants ukrainiens.
M. Kostin avait déjà annoncé au début du mois de mars que son pays s'apprêtait à ouvrir un bureau de la CPI.
Mercredi, l'organe législatif de la cour a dénoncé des "menaces" émanant de la Russie à l'encontre des membres de la cour après l'émission de mandats d'arrêt visant le président russe et sa commissaire aux droits de l'enfant Maria Lvova-Belova.
La Russie a annoncé lundi l'ouverture d'une enquête pénale contre le procureur et trois juges de la CPI.
L'ex-président russe Dimitri Medvedev, actuel numéro deux du Conseil de sécurité russe et coutumier des déclarations fracassantes, avait, selon des médias néerlandais, conseillé le même jour sur Telegram aux juges de la CPI de "regarder attentivement le ciel", en allusion aux capacités de frappe russe.
M. Medvedev a averti en garde mercredi, toujours sur le système de messagerie cryptée, qu'une arrestation du président russe par un pays étranger reviendrait à "déclarer la guerre" à Moscou.
La CPI, créée en 2002 pour juger les pires crimes commis dans le monde, dispose déjà de sept bureaux de pays: à Kinshasa et Bunia (République démocratique du Congo), Kampala (Ouganda), Bangui (République centrafricaine), Abidjan (Côte d'Ivoire), Tbilissi (Géorgie) et Bamako (Mali).
