Présidentielle au Guatemala: une fille de dictateur et une ex-Première dame en tête des sondages

La fille de l'ancien dictateur Efrain Rios Montt et la femme d'un ex-président de centre-gauche sont en tête des sondages pour le premier tour de l'élection présidentielle du 25 juin au Guatemala, dont la campagne officielle a débuté lundi.

Sur la vingtaine de candidats, les sondages donnent comme favorites, avec quelque 20% des voix pour chacune, la candidate conservatrice Zury Rios, fille du dictateur aujourd'hui décédé Rios Montt (au pouvoir en 1982 et 1983), et Sandra Torres, dont le mari a été chef de l'Etat de 2008 à 2011. Ce sera la troisième tentative pour Mme Torres, après deux échecs en 2015 et 2019.

Si aucun candidat n'obtient plus de 50% des suffrages, un second tour sera organisé au mois d'août dans ce pays d'Amérique centrale en proie à la violence des bandes criminelles et dont 59% des 17 millions d'habitants vivent sous le seuil de pauvreté.

Le Tribunal Suprême Electoral (TSE), qui doit encore se prononcer sur trois candidatures supplémentaires, est sous le feu des critiques pour avoir exclu définitivement de la compétition électorale le ticket formé par l'autochtone Thelma Cabrera et l'ancien procureur aux droits de l'Homme Jordan Rodas. Les autochtones d'origine maya représentent entre 42% et 60% de la population guatémaltèque, selon les sources.

L'ONG Guatemala Verifica, de contrôle de l'action publique, dénonce "l'élimination (par le TSE) des partis et candidats les plus forts" pour laisser le champ libre à d'autres.

La validation de la candidature de Zury Rios est également vivement critiquée, notamment par la plateforme du Front de résistance contre la fraude électorale et la dictature, qui a organisé vendredi une manifestation dans la capitale. Ses détracteurs estiment que la candidature de la fille d'un dictateur arrivé au pouvoir par un coup d'Etat est contraire à la Constitution.

Le général Rios Montt, au pouvoir durant l'une des périodes les plus sanglantes de la guerre civile, marquée par des massacres d'autochtones, a été condamné en 2013 à 80 ans de prison pour génocide et crimes contre l'humanité. Cette condamnation a cependant été annulée pour "vices de forme" de la procédure. Un nouveau procès avait été ordonné par la justice guatémaltèque mais l'ancien dictateur est décédé avant, en 2018, à l'âge de 91 ans.

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