Le Sénat appelle à agir pour le retour des enfants ukrainiens déportés par la Russie

"Crime de guerre", "génocide": les sénateurs ont eu jeudi des mots très forts pour condamner la "déportation" d'enfants ukrainiens par la Russie, appelant à agir sur tous les fronts pour rendre possible leur retour en Ukraine.

"Nous oeuvrons sans relâche pour que les enfants ukrainiens déportés par la Russie retrouvent sans délai leur foyer", a assuré Laurence Boone, secrétaire d'Etat chargée de l'Europe, lors d'un débat dans l'hémicycle à la demande du groupe RDPI à majorité Renaissance.

Organisé le jour même de la venue du président ukrainien Volodymyr Zelensky à la Cour pénale internationale (CPI), de La Haye, ce débat fait suite à l'adoption par le Sénat en avril d'une résolution européenne condamnant "les transferts forcés massifs" d'enfants ukrainiens par la Russie, initiée par André Gattolin (RDPI).

La CPI a émis en mars un mandat d'arrêt contre le président russe Vladimir Poutine pour le crime de guerre de "déportation illégale" d'enfants ukrainiens dans le cadre du conflit.

Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a exigé il y a un mois de la Russie qu'elle permette aux organisations internationales de rendre visite aux enfants et autres civils "qui ont été déportés de force" en Ukraine vers des territoires contrôlés par Moscou.

Selon Kiev, 16.221 enfants ont été déportés en Russie jusqu'à fin février, des chiffres que la Commission de l'ONU n'a pas pu vérifier.

"+Déportés+, ce mot que l'on croyait banni à jamais du vocabulaire européen est pourtant celui qui s'impose pour nommer la réalité vécue par tant d'enfants ukrainiens", a affirmé Pascale Gruny (LR).

"Le sort qui est réservé aux enfants ukrainiens, arrachés à leur famille et à leur pays, est sans doute le plus ignoble et le plus révoltant qui soit", a jugé André Gattolin pour qui "ces crimes sont véritablement constitutifs d'un acte de génocide".

"Notre priorité doit être d'organiser le retour des enfants ukrainiens déportés avant que le lavage de cerveau auquel ils sont soumis n'efface définitivement leur identité. (...) Ensuite viendra le temps de la justice", a déclaré le centriste Jacques Le Nay.

André Guiol (RDSE à majorité radicale) a appelé à "mener une guerre informationnelle en utilisant les réseaux sociaux (...) pour mettre les familles d'accueil russes devant leurs responsabilités". "Ces familles savent-elles qu'elles sont en réalité complices de crime de guerre ? (...) Il faut pouvoir le leur dire", a-t-il ajouté.

"La période n'appelle pas à plus de négociation et plus de diplomatie avec la Russie, elle appelle à plus de fermeté", a lancé à l'adresse de la ministre le président du groupe écologiste Guillaume Gontard.

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