Le sanglant siège de Marioupol par les forces russes

La cité portuaire de Marioupol a été pilonnée sans relâche pendant de longues semaines par les forces russes au début de l'invasion de l'Ukraine lancée le 24 février 2022 par Vladimir Poutine.

Retour sur les moments-clés de ce siège qui s'est achevé par la reddition des soldats ukrainiens, laissant au moins 20.000 morts et une ville détruite à 90%, selon Kiev.

- "Blocus" -

Le 2 mars 2022, les forces russes, qui ont déjà pris les ports clés de Berdiansk et Kherson, bombardent Marioupol, ville d'environ 440.000 habitants majoritairement russophones située au bord de la mer d'Azov, dans le sud-est de l'Ukraine.

En quelques jours, la population se voit privée d'eau, d'électricité et de chauffage. Le maire dénonce un "blocus humanitaire".

- Maternité et théâtre bombardés -

Le 9, une maternité est touchée par une frappe russe. L'image d'une femme enceinte évacuée sur un brancard - elle ne survivra pas - choque le monde. La Russie justifie le bombardement en affirmant que des combattants du régiment ultranationaliste ukrainien Azov - qualifiés de "néonazis" - s'abritaient dans le bâtiment.

Le 16, un théâtre où s'étaient réfugiés des centaines d'habitants est bombardé "sciemment" par l'aviation russe selon Kiev, ce que Moscou dément, en assurant que l'explosion venait de l'intérieur.

A partir de la mi-mars, l'ouverture de couloirs humanitaires va permettre l'évacuation de dizaines de milliers de civils lors de périlleuses opérations, plusieurs fois annulées.

- "Crime de guerre majeur" -

Le 21, Kiev refuse la capitulation de Marioupol sur laquelle l'armée russe dit avoir resserré son étau.

L'Union européenne qualifie de "crime de guerre majeur" le blocus de la ville où selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky "il est impossible de faire entrer des vivres et des médicaments".

Des civils décrivent des bombardements incessants, des habitants terrés dans des caves et des cadavres jonchant les rues.

- Détruite à "90%" -

Le 4 avril, le maire de Marioupol déclare que la ville est détruite "à 90%". Les autorités régionales avanceront un bilan d'au moins 20.000 morts. Le bilan final, toujours inconnu, pourrait être encore plus élevé.

Une semaine plus tard, les forces ukrainiennes disent se préparer à "une ultime bataille".

Les combats se concentrent sur le site d'un vaste complexe sidérurgique du groupe Azovstal, véritable "ville dans la ville" avec ses kilomètres de galeries souterraines, transformé en bastion par les soldats ukrainiens.

- Ultime poche de résistance -

Le 16, Volodymyr Zelensky dénonce une situation "inhumaine" à Marioupol où les combattants retranchés dans l'usine Azovstal - membres pour l'essentiel d'une unité de fusiliers marins et du régiment Azov - refusent de déposer les armes.

Le 21, Moscou déclare que Marioupol est sous contrôle russe, à l'exception du site d'Azovstal.

Le président russe Vladimir Poutine ordonne d'assiéger cette zone "de telle manière à ce que pas une seule mouche ne passe", saluant la "libération de Marioupol".

- Reddition -

Début mai, des centaines de femmes, enfants et personnes âgées sont évacuées d'Azovstal, sous l'égide de l'ONU et de la Croix-Rouge (CICR).

Le 17 mai, Moscou annonce que 265 combattants ukrainiens, dont 51 grièvement blessés, se sont rendus. Les redditions se poursuivent les jours suivants.

Kiev salue des "héros" qui ont "rempli leur mission".

Le 20, la Russie déclare que le complexe d'Azovstal est passé sous "le contrôle complet" de ses forces armées, après la reddition des derniers des 2.439 soldats de l'aciérie.

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