18.01.10 - TPIR/KAREMERA - UN EX-DIRIGEANT DEMANDE A SE DEFENDRE DE L'ASSASSINAT D'HABYARIMANA

Arusha, 18 janvier 2010 (FH) - Un ancien dirigeant rwandais accusé de génocide et de crimes contre l'humanité devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a demandé lundi à l'audience le droit de pouvoir se défendre de l'assassinat du président Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994.
1 min 44Temps de lecture approximatif

Selon une enquête rwandaise rendue publique la semaine dernière, Joseph Nzirorera, secrétaire général du Mouvement républicain  national pour la démocratie et le développement (MRND), est l'un des responsables de l'attentat qui coûta la vie à l'ex-chef de l'Etat.

Ce rapport rwandais explique que Nzirorera et d'autres proches d'Habyarimana, soucieux de se maintenir au pouvoir, ne pardonnaient pas à leur chef d'avoir enfin accepté le partage du pouvoir avec l'ex-rébellion du Front patriotique (FPR) actuellement au pouvoir.

Au nom de l'ancien dirigeant du MRND, Me Peter Robinson, a demandé au procureur « d'amender l'acte d'accusation, en y ajoutant l'assassinat du président Habyarimana » pour que son client puisse s'en défendre.

«M.Nzirorera nie toute responsabilité » dans cet attentat, a ajouté l'avocat américain.

Le représentant de l'accusation dans cette affaire, Don Webster, également américain, a répondu qu'il n'avait « rien à dire », avançant que la requête aurait dû être adressée par écrit au bureau du procureur.

La chambre a répondu qu'elle n'avait pas de décision à rendre à ce stade.

Interrogé par l'agence Hirondelle la sortie de l'audience, Me Robinson a indiqué qu'il attendait une réponse de Webster, après que celui-ci aura consulté sa hiérarchie.

Le procureur en chef gambien du TPIR, Hassan Bubacar Jallow, a souvent déclaré que l'assassinat de Juvénal Habyarimana ne rentrait pas dans son mandat.

Ses adversaires de la défense soutiennent le contraire. Ils contestent en outre l'enquête rwandaise, maintenant, comme le juge ant-terroriste français Jean-Louis Bruguière, que cet attentat a en réalité été commandité par l'actuel président rwandais Paul Kagame, alors commandant de la branche armée du FPR.

Pour la plupart des accusés du TPIR, sans l'assassinat d'Habyarimana, le génocide perpétré contre les Tutsis n'aurait pas eu lieu, ce que contestent les autorités rwandaises qui affirment que l'extermination des Tutsis avait été préparée de longue date.

ER/GF

© Agence Hirondelle