25.03.10 - RWANDA/GACACA - L'OPPOSANT NTAWANGUNDI CONDAMNE A 17 ANS DE PRISON

Kigali, 25 mars 2010 (FH) - Joseph Ntawangundi, un opposant rwandais qui était jugé en révision, a été condamné mercredi à 17 ans de prison ferme par un tribunal populaire gacaca de l'est du Rwanda pour son rôle dans le génocide perpétré contre les Tutsis en 1994, a rapporté jeudi Radio Rwanda.

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Actuellement détenu à la prison centrale de Kibungo (est), le condamné dispose d'un délai de 15 jours pour faire appel, s'il n'est pas satisfait de ce jugement rendu par la juridiction gacaca du secteur Rukira.

Membre des Forces démocratiques unifiées (FDU), un parti non encore agréé par les autorités rwandaises, Ntawangundi, rentré au Rwanda en janvier dernier, a été reconnu coupable d'avoir joué un rôle dans le meurtre de 8 Tutsis tués pendant le génocide dans les locaux de l'Ecole agri-vétérinaire de Gitwe (Province de l'Est) qu'il dirigeait, a précisé la radio.

A l'ouverture du procès, le 17 mars, il avait affirmé n'avoir jamais été directeur de cette école, soutenant de surcroît qu'il se trouvait en Suède pendant le génocide.

Selon Radio Rwanda, il aurait finalement reconnu qu'au début des massacres, il dirigeait l'établissement depuis trois mois.

Il a déclaré qu'il ne pouvait rien faire pour sauver ces victimes parce qu'il  ne connaissait pas encore les habitants de l'endroit, a poursuivi la radio.

Ntawangundi était l'assistant de Victoire Ingabire Umuhoza, présidente des FDU et candidate déclarée au scrutin présidentiel d'août prochain, avec laquelle il était rentré au pays en janvier pour faire enregistrer leur parti créé en exil.

Il avait été arrêté début février, en exécution d'un jugement rendu en 2007 par un tribunal gacaca de Rukira qui l'avait condamné par contumace à 19 ans de prison.

Après son incarcération, Ntawangundi avait fait valoir le droit reconnu par la loi rwandaise, à un nouveau procès, pour les condamnés par contumace.

Inspirées des anciennes assemblées lors desquelles les sages du village réglaient les différends, assis sur le gazon (gacaca, en langue rwandaise), les juridictions gacacas sont chargées de juger les auteurs présumés du génocide, à l'exception des « planificateurs au niveau national » qui relèvent de la compétence des tribunaux classiques.

SRE-ER/GF

© Agence Hirondelle