Yémen: inquiétudes au Conseil de sécurité de l'ONU d'un risque de reprise des violences

L'émissaire de l'ONU pour le Yémen et des Etats membres permanents du Conseil de sécurité se sont inquiétés mercredi d'un risque de reprise des violences et des conséquences économiques et humanitaires, après un an et demi d'accalmie du conflit yéménite.

En présentant son rapport devant le Conseil, l'envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen, Hans Grundberg, a dénoncé, sans porter d'accusations précises, "les menaces publiques d'un retour à la guerre" qui déchire ce pays depuis 2015.

"Cette rhétorique n'est pas propice au maintien d'un climat fructueux de médiation", a averti le diplomate suédois devant les 15 membres du Conseil de sécurité et des représentants du gouvernement yéménite et d'Arabie saoudite.

Pays le plus pauvre de la péninsule arabique, le Yémen a vu son économie s'effondrer en huit années de guerre opposant les rebelles Houthis, proches de l'Iran, et le gouvernement, soutenu depuis 2015 par une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite.

Le conflit a fait des centaines de milliers de morts et des millions de déplacés, toutes les parties -dont l'Arabie saoudite- ayant été accusées par des experts de l'ONU d'avoir perpétré des crimes de guerre.

Les violences y ont toutefois largement diminué depuis une trêve négociée par l'ONU en avril 2022, qui a expiré en octobre dernier mais qui est encore à peu près respectée.

M. Grundberg a "appelé les parties à éviter toute rhétorique de l'escalade et à continuer de se servir des voies de dialogue établies depuis la trêve, via une commission de coordination militaire pour réduire les incidents" armés.

L'ambassadrice britannique auprès de l'ONU Barbara Woodward a été plus explicite: elle a "exhorté" les rebelles "Houthis à cesser les attaques et menaces continues pour empêcher les exportations de pétrole des régions contrôlées par le gouvernement et qui affectent gravement l'économie du Yémen".

De leur côté, les Etats-Unis, par la voix de leur ambassadrice Linda Thomas-Greenfield, ont salué l'annonce le 1er août par "l'Arabie saoudite d'une aide de 1,2 milliard de dollars au gouvernement de la République du Yémen" reconnu internationalement.

"Mais il faut plus d'attention et de soutien financier pour traiter la crise économique et humanitaire du Yémen", a-t-elle dit.

Condamnant "des attaques insensées des Houthis contre le transport maritime qui exacerbent la crise humanitaire", Mme Thomas-Greenfield a plaidé pour qu"un règlement politique durable incluant toutes les parties allège les souffrances de la population yéménite".

Autre membre permanent du Conseil de sécurité, la France, par la voix de sa coordinatrice politique à l'ONU, Isis Jaraud Darnault, a "demandé aux Houthis de faire les efforts nécessaires pour parvenir à un cessez-le-feu durable, à l'échelle nationale" et affirmé "réitérer son plein soutien au gouvernement yéménite".

Le gouvernement reconnu par la communauté internationale s'est installé à Aden depuis que les Houthis ont pris le contrôle de la capitale Sanaa en 2014.

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