Plus de 200 personnalités palestiniennes ont critiqué le président Mahmoud Abbas pour ses propos "répréhensibles" selon lesquels les Juifs ont été assassinés pendant l'Holocauste en raison de leur "rôle social" et non de leur religion.
Dans une lettre publiée dimanche, ces personnalités "condamnent sans équivoque les commentaires moralement et politiquement répréhensibles" de M. Abbas.
Parmi les signataires figurent Rashida Tlaib, membre démocrate du Congrès américain, l'historien Rashid Khalidi et la juriste Noura Erakat.
"Nous rejetons catégoriquement toute tentative de minimiser, de déformer ou de justifier l'antisémitisme, les crimes nazis contre l'humanité ou le révisionnisme historique vis-à-vis de l'Holocauste", ont-ils écrit.
Cette lettre fait suite à la diffusion la semaine dernière d'une vidéo dans laquelle le président palestinien déclare que les nazis ont tué des millions de Juifs "à cause de l'usure et de l'argent" plutôt que par antisémitisme.
Ces propos, tenus devant des responsables du Fatah à Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne dirigée par M. Abbas, ont été sévèrement condamnés par Israël, l'Union européenne et les Etats-Unis.
M. Abbas "ne nous représente pas légitimement (...), ce n'est pas son rôle de donner des leçons d'histoire", a déclaré mercredi à l'AFP l'un des signataires de la lettre, l'homme d'affaires palestinien Sam Bahour, estimant que les remarques de M. Abbas étaient "inappropriées".
Mais le Fatah a cherché à défendre son chef, qualifiant la lettre de "déclaration de honte" dans des commentaires publiés mardi par l'agence de presse officielle palestinienne Wafa.
Le Conseil national palestinien, organe législatif, a qualifié la lettre de "terrorisme politique et intellectuel contre notre peuple", a rapporté Wafa.
M. Abbas, âgé de 87 ans et à son poste depuis plus de 18 ans, a déjà tenu des propos similaires relativisant l'Holocauste à plusieurs reprises par le passé.
