Arménie: la cheffe de la diplomatie française salue la ratification de l'adhésion à la CPI

La cheffe de la diplomatie française Catherine Colonna, en visite à Erevan, a salué mardi la ratification par l'Arménie de son adhésion à la Cour pénale internationale (CPI), décision qui, à l'inverse, a provoqué la colère de Moscou.

"Depuis Erevan, je salue la décision du Parlement arménien de ratifier le Statut de Rome et de permettre ainsi à l'Arménie de devenir État partie à la Cour pénale internationale", a-t-elle déclaré sur X (ex-Twitter).

"La lutte contre l'impunité des crimes est une condition de la paix et de la stabilité", a ajouté la ministre.

Le Parlement arménien a ratifié mardi l'adhésion à la CPI, qu'Erevan voit comme une protection contre une potentielle invasion de l'Azerbaïdjan, son puissant voisin.

Mais la Russie, son alliée traditionnel, a jugé cette décision "erronée", la Cour ayant émis au printemps un mandat d'arrêt contre le président Vladimir Poutine pour la "déportation" d'enfants ukrainiens vers la Russie.

Un vent glacial souffle sur les relations entre Erevan et Moscou, l'Arménie se jugeant abandonnée par le Kremlin, dont les forces de la paix n'ont pas empêché l'offensive éclair et victorieuse de l'Azerbaïdjan dans le Haut-Karabakh.

C'est justement pour montrer à l'Arménie qu'elle n'est pas seule que Catherine Colonna est arrivée mardi à Erevan.

Lors d'une visite de l'hôpital des grands brûlés d'Erevan, Catherine Colonna, accompagnée de la ministre arménienne de la Santé, a assuré le pays du "soutien continu" de la France.

Elle a notamment annoncé le transfert vers des hôpitaux français de quatre des personnes blessées durant l'explosion meurtrière d'un dépôt de carburant fin septembre, alors que les résidents du Haut-Karabakh fuyaient en masse.

Le président français Emmanuel Macron et Catherine Colonna ont exprimé à plusieurs reprises ces derniers jours leur inquiétude sur une possible offensive militaire de l'Azerbaïdjan contre l'Arménie, qui se sont déjà affrontés au cours de deux guerres.

"Il y a d'ores et déjà des petites portions du territoire arménien qui ont fait l'objet d'incursions militaires azerbaïdjanaises ces derniers mois", a rappelé une source diplomatique française sous couvert d'anonymat.

"C'est une réalité", a-t-elle ajouté en référence aux affrontements survenus en septembre 2022 qui ont fait près de 300 morts et au cours desquels l'Azerbaïdjan a déplacé la frontière entre les deux pays de 7 à 9 kilomètres, au détriment de l'Arménie.

La France avait alors poussé pour la mise en place, à Djermouk (Arménie), d'une mission d'observation de l'Union européenne.

"Il serait extrêmement naïf de penser qu'il n'y a pas de risque" de violation de l'intégrité territoriale de l'Arménie, a poursuivi la source diplomatique. "Je ne dis pas que cela va arriver", a-t-elle ajouté. Mais "notre travail, c'est de l'empêcher".

"Nous allons plaider pour un accroissement du volume de cette mission", a-t-elle ainsi expliqué.

Paris est également plutôt favorable à la possibilité d'imposer des sanctions à l'Azerbaïdjan. Mais elle se heurte à "certains pays très réticents à entrer dans cette voie", a noté la source diplomatique.

Outre la question de l'intégrité territoriale, Catherine Colonna doit souligner mardi que la France est disposée à renforcer son aide d'urgence et humanitaire à l'Arménie pour accueillir les réfugiés.

La semaine dernière, Paris avait porté à 12,5 millions d'euros son aide apportée cette année à Erevan.

La ministre doit notamment rencontrer le Premier ministre Nikol Pachinian.

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