Israël : la gauche radicale française accusée de complaisance envers le Hamas

"Antisémitisme", "relativisme", "caution du terrorisme" : d'un bout à l'autre de l'échiquier politique français, la gauche radicale est désavouée pour sa complaisance envers le Hamas et son refus de condamner l'attaque du Hamas contre Israël.

Samedi aux premières heures du conflit, les députés de la France insoumise (LFI) ont évoqué une "offensive armée de forces palestiniennes", menée "dans un contexte d'intensification de la politique d'occupation israélienne".

Certains parmi eux sont allés plus loin, comme le député Louis Boyard, qui a dénoncé "la colonisation et les exactions en Palestine", dans la foulée du chef du parti, Jean-Luc Mélenchon, qui a fait scandale en expliquant que "la violence ne produit et ne reproduit qu'elle-même".

Ce discours a aussitôt été fustigé par les alliés socialistes de La France insoumise, "dégoûtés" de voir les hommes du Hamas présenté comme "des forces armées palestiniennes" alors qu'il s'agit d'une "organisation terroriste", a rappelé la députée socialiste Valérie Rabault.

Un vocable commun à l'Union européenne, aux Etats-Unis et même à plusieurs pays arabes, mais absent de la rhétorique du parti La France insoumise.

Plusieurs centaines de manifestants rassemblées lundi à Nice, dans le sud de la France, en soutien à l'Etat d'Israël, ont d'ailleurs hué les prises de position des Insoumis.

- Le soupçon d'antisémitisme -

Le coordinateur de la France insoumise Manuel Bompard a seulement reconnu lundi sur la chaîne publique France 2 des "crimes de guerres" qui "peuvent prendre le qualificatif de terroriste". Vaine "polémique stérile", dit à l'AFP le député Aymeric Caron, qui ne souhaite "pas se focaliser sur la dénomination qu'on doit accorder au Hamas".

Mais les reproches visent précisément cette doctrine qui "exonère" le Hamas "en relativisant au nom de l'impasse politique du conflit israélo-palestinien" et "de la poursuite de la colonisation" en Cisjordanie, a déploré le socialiste Jérôme Guedj.

Bref, les socialistes français reprochent aux Insoumis de trouver des justifications à ces attaques sans précédent, qui ont tué des centaines de civils. "Aucun relativisme n'est possible", a tranché le patron du PS Olivier Faure.

A moins d'insinuer que "les juifs sont toujours responsables de ce qui leur arrive", ce qui est "une constante du discours antisémite", a lâché la sénatrice socialiste Laurence Rossignol.

Analyse partagée par la Première ministre Elisabeth Borne qui a pointé dimanche les "ambiguïtés révoltantes" des Insoumis, dont l'"antisionisme" affiché est selon elle "une façon de masquer une forme d'antisémitisme".

Accusation grave dont M. Bompard s'est défendu, appelant ses détracteurs à "porter plainte" et soulignant qu'aucun de ses camarades "n'a jamais été condamné pour antisémitisme".

- Un vingtaine d'actes antisémites -

D'autres formes de procès émanent de l'extrême droite, où le président du Rassemblement national Jordan Bardella estime que LFI "se fait la caution morale du terrorisme islamiste".

Il a appelé lundi à "judiciariser toute forme d'apologie du terrorisme", estimant qu'"il faut traquer les auteurs de ces propos" et que "le parquet doit systématiquement les poursuivre".

D'autant que ces propos surviennent dans un contexte très sensible en France, où une vingtaine d'"actes antisémites" ont été relevés depuis l'attaque samedi d'Israël par le Hamas, allant de propos menaçants" contre les juifs et Israël au déploiement de banderoles de soutien aux Palestiniens, selon le ministre de l'Intérieur, Gérard Darmanin, qui s'exprimait à l'issue d'une réunion lundi avec les représentants de la communauté juive de France.

Le député socialiste Jérôme Guedj a jeté un pavé dans la mare, posant la question du maintien de son parti au sein de la coalition de gauche au Parlement avec La France insoumise.

"Il est temps de mettre un terme à la mésalliance avec Jean-Luc Mélenchon qui n'a rien d'une union", a surenchéri la maire de Paris, Anne Hidalgo, farouche opposante à LFI, qui va faire éclairer la tour Eiffel, monument le plus emblématique de Paris, aux couleurs blanc et bleu du drapeau israélien.

Sur son blog, le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon s'est indigné contre une "lapidation médiatique désormais permanente" à l'encontre de son mouvement.

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