Entre soutien aux Palestiniens et refus de condamner le Hamas, des voix discordantes se font entendre de la part de partis politiques européens, principalement à l'extrême gauche, après l'attaque du Hamas contre Israël, déclenchant une avalanche de critiques.
-Irlande et Irlande du Nord: le Sinn Fein défend une Palestine "libre"
Dimanche, un immense drapeau palestinien a été placé sur une colline surplombant Belfast après un rassemblement devant l'hôtel de ville.
"La montagne parle ! Palestine libre", a commenté sur le réseau social X (anciennement Twitter) Gerry Adams, l'ancien leader du Sinn Fein, le parti républicain désormais majoritaire en Irlande du Nord.
"La vérité est que, depuis des décennies, l'État israélien viole le droit international", a dit la dirigeante du Sinn Fein en Irlande du Nord, Michelle O'Neill, tout en condamnant "sans réserve" l'attaque du Hamas.
"Le bombardement à Gaza maintenant doit également être condamné", a-t-elle ajouté.
Quelques députés du Sinn Fein en République d'Irlande, où le parti est également puissant, ont condamné sur les réseaux sociaux aussi bien Israël que le Hamas.
- Royaume-Uni: le Labour se dissocie de Jeremy Corbyn
L'ex-leader du parti travailliste, le très à gauche Jeremy Corbyn, a dit qu'il ne "soutenait aucune attaque", mais a évité de critiquer directement le Hamas. A la tête du Labour, il avait été accusé d'avoir minimisé l'antisémitisme au sein du parti.
Il ne faut pas "se contenter de condamner - comme je le fais - tout acte de violence, où que ce soit dans le monde. Il faut aussi en examiner les causes", a dit Jeremy Corbyn.
Les leaders actuels du Labour ont aussitôt critiqué ces propos, condamnant pour leur part l'attaque du Hamas.
- France: les Insoumis critiqués
Samedi, peu après le lancement de l'attaque du Hamas, les députés du parti de la France insoumise (LFI, gauche radicale) ont évoqué une "offensive armée de forces palestiniennes", menée "dans un contexte d'intensification de la politique d'occupation israélienne".
Le chef du parti, Jean-Luc Mélenchon, a fait scandale en expliquant que "la violence ne produit et ne reproduit qu'elle-même".
Ce discours a été fustigé par les alliés socialistes de La France insoumise, "dégoûtés" de voir les hommes du Hamas présentés comme "des forces armées palestiniennes" alors qu'il s'agit d'une "organisation terroriste".
La Première ministre Elisabeth Borne a pointé les "ambiguïtés révoltantes" des Insoumis, dont l'"antisionisme" affiché est selon elle "une façon de masquer une forme d'antisémitisme".
-Espagne: Podemos critique "l'impunité d'Israël"
En Espagne, la seule formation de premier plan à n'avoir pas clairement condamné le Hamas et son attaque est le parti de gauche radicale Podemos. Elle fait partie de la coalition de gauche au pouvoir, mais est en perte de vitesse depuis plusieurs mois.
"La situation de violence et les morts en Israël et en Palestine sont le fruit de l'occupation et de l'apartheid", a estimé Podemos samedi sur X, en assurant que "la seule manière de mettre un terme au conflit" était "de mettre fin à l'impunité d'Israël".
La coalition de gauche radicale Sumar, qui a absorbé Podemos et a mis à l'écart ses dirigeants, a elle aussi fait preuve de frilosité dans sa condamnation du Hamas tout en assurant rejeter dos à dos les violences palestiniennes et israéliennes.
- Grèce: Varoufakis s'en prend au silence des Européens
L'ancien ministre des Finances Yanis Varoufakis, qui a créé le parti antisystème MeRa25, a qualifié Israël d'"Etat de l'apartheid".
"L'apartheid, qu'il soit pratiqué en Afrique du Sud, en Palestine ou en Israël, sera toujours source de violence, car c'est un système violent et misanthrope", a-t-il déclaré dans une interview publiée sur X.
"Les criminels sont les Européens. (...) Nous avons participé à ce crime contre l'humanité au fil des décennies en nous taisant. (...) Tant que ce sont les Palestiniens qui meurent, et non les occupants", a-t-il critiqué.
Le Parti communiste a lui estimé que les Palestiniens avaient "le droit de lutter contre l'occupation" et a jugé que "l'escalade" de la violence était "façonnée par le crime chronique de l'occupation de la Palestine, soutenu par les États-Unis et l'UE".
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