Deux syndicalistes CGT du Nord, dont le secrétaire départemental, ont été interpellés vendredi après un tract controversé de soutien aux Palestiniens, a-t-on appris auprès du syndicat et d'une source proche du dossier, des arrestations dénoncées par des personnalités politiques à gauche.
Selon Stéphane Vonthron, représentant du bureau de la CGT dans le Nord, le secrétaire départemental Jean-Paul Delescaut ainsi qu'une salariée ont été interpellés "à 6h20 chez eux par des policiers cagoulés, pour apologie du terrorisme, en raison de notre soutien au peuple palestinien".
Il a précisé à l'AFP que l'arrestation pour "apologie du terrorisme" avait "bien été notifiée" à M. Delescaut, "devant sa femme".
"Ces interpellations sont probablement liées au conflit israélo-palestinien même si à ce stade, nous ne savons pas précisément ce qui leur est reproché", a précisé de son côté la CGT, dans un communiqué sur son site internet.
"Soutenir pacifiquement le droit des Palestiniens ne peut pas être aussi grossièrement caricaturé et criminalisé", a ajouté la centrale syndicale.
Selon la source proche du dossier, les deux arrestations font suite à un tract de soutien aux Palestiniens diffusé le 10 octobre. Une phrase est particulièrement mise en cause: "Les horreurs de l'occupation illégale se sont accumulées. Depuis samedi elles reçoivent les réponses qu'elles ont provoquées."
Le préfet du Nord, Georges-François Leclerc, avait interdit trois manifestations pro-palestiniennes sur la base notamment de ce tract.
Ni le parquet de Lille, ni la préfecture du Nord n'avaient donné suite aux sollicitations de l'AFP vendredi en fin de matinée.
"+Apologie du terrorisme+ qui peut le croire ? L'apologie du terrorisme c'est le soutien inconditionnel du gouvernement aux crimes de guerre à Gaza", a réagi sur X le chef de file de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon.
Le premier secrétaire du parti socialiste, Olivier Faure, a lui interpellé le ministre de l'Intérieur: "M. Darmanin, c'est pour exercer nos libertés que nous nous battons face au terrorisme, pas pour les supprimer !"
Le député LFI du Nord, Ugo Bernalicis, a dénoncé sur le même réseau social un "Etat policier sous l'autoritarisme macroniste".
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